• écoute la ville tomber

    Jeunesse perdue

    Des jeunes gens en mal d'amour, d'argent, de reconnaissance, de travail...tente de (sur)vivre dans une ville de Londres qui les entraîne plutôt du côté obscur.
    Au coeur d'une jeunesse anglaise en quête d'identité mais non dénuée d'idéaux, Kate Tempest nous livre un magnifique premier roman.
    Un texte brut et rythmé porté par les inspirations premières de la romancière où on retrouve l'influence du slam, du rap, de la poésie...
     

    Maria - Passeur de L'Isle

  • Le ministère du bonheur suprême

    Invitation au voyage

    Plus de vingt ans après son roman, Le Dieu des petits riens, Arundhati Roy, délaisse un temps les essais politiques pour un retour très réussi à la fiction. Nul doute pourtant que Le Ministère du bonheur suprême est un texte engagé et passionnant qui nous donne à mieux comprendre les déchirements qui habitent encore l’Inde.
    Ce roman est à l’image de l’Inde, fourmillant, labyrinthique, complexe. Il nous entraîne d’abord sur les traces d’Aftab, devenue Anjum, une « hijra » (hermaphrodite) à la fois mal aimée dans son pays et crainte également, ce qui lui permet de vivre dans une certaine sécurité mais en marge de la société. Anjum est un des personnages centraux du roman, une femme capable d’un amour absolu pour ceux qui composent le clan éclectique qu’elle s’est choisi, ayant été délaissée par les siens du fait de son identité ambiguë. Elle choisit donc de recomposer une famille, dans un cimetière de la ville et c’est entre les tombes qu’elle bâtit au fil des années un lieu unique qui deviendra une « guest house » qui accueillera les pauvres, les sans voix et des hommes et femmes en mal de solitude qui retrouveront à son contact un peu d’espoir, d’envie de vivre ou de mourir paisiblement. Parmi ses locataires, se trouve la mystérieuse Tilottama, une jeune femme triste et révoltée qui a su offrir à Anjum une chose qu’elle n’espérait plus. À travers le portrait de Tilo, c’est tout le destin de l’Inde et de son histoire qui sont évoqués, et notamment les heures noires du conflit opposant l’Inde et le Pakistan au sujet du Cachemire. Elle aime un homme Musa, Cachemiri, pour lequel elle acceptera de traverser les zones de conflits pour mieux comprendre les combats de son amant et les absences de celui-ci. Au cœur de plusieurs triangles, voire carrés amoureux, elle est un des personnages clé du roman, une autre voix de femme à écouter et à suivre au fil des pages. Arundhati Roy ne nous épargne rien des guerres et des conflits qui ont pu habiter cette zone du monde pendant plus d’un demi-siècle et dont les grands enjeux sont encore aujourd’hui incertains. Au-delà des problématiques de frontières, ce sont aussi des enjeux religieux qui sont en cause, toujours d’actualité et pour lesquels les minorités sont loin d’être épargnées. Dans une société régie par les castes et les systèmes sociaux, l’auteure donne la parole à ceux que l’on entend le moins, aux laissés-pour-compte du géant indien ! Le tour de force de l’auteure est de nous faire voyager à travers les petites histoires intimes de ses personnages en les mêlant à la grande Histoire de son pays, sans jamais sombrer dans le misérabilisme, avec toujours cette pointe de sagesse et de distance quant à l’inéluctabilité de la vie qui donne à profiter des « petits riens » du quotidien. Il y a souvent plusieurs histoires dans l’histoire, ce qui apporte au texte son caractère labyrinthique et donne une vraie place à tous les personnages secondaires nous permettant de voyager dans cette lecture, presque comme dans une rue de Delhi. Malgré un propos parfois dur, on se laisse emmener avec une véritable curiosité et une certaine jubilation à la suite des personnages hauts en couleur qui habitent ce roman et lui donne toute sa substance. On rit aussi parfois de l’absurdité des hommes et de leurs constructions idéalisées mais on se laisse volontiers embarquer dans cette grande fresque universelle et intimiste bâtie par une des auteures majeures de notre siècle.
    Texte écrit et publié dans la revue Page des libraires n°188

    Maria - Passeur de L'Isle

  • Juste après la vague

    Emotions garanties !

    Une terre dévastée par les eaux, une famille qui a survécu grâce à sa maison perchée en haut d'une colline, une seule barque qui ne peut suffir à emmener les nombreux enfants de la famille...mais il est impossible de rester car l'eau ne cesse de monter. Sandrine Collette nous entraîne dans un récit haletant qui explore les liens familiaux et fraternels.

    Maria - Passeur de L'Isle

  • Mon amour

    Un dialogue drôle et tendre...

    Un dialogue drôle et tendre entre un petit garçon et sa maman, qui décline avec justesse toute la constance de l'amour maternel.
    Tour à tour cocasses ou poétiques, les illustrations font défiler des situations de la vie quotidienne dans lesquelles chacun se retrouvera ! Un album comme une déclaration d'amour subtile.
    A partir de 3 ans !

    Librairie Jean Jaurès

  • Petites histoires de nuits

    Merveilleux...

    "Afin de pouvoir dormir, Ourson demande à sa maman de lui délivrer 3 histoires. En premier, Maman Ours raconte "celle qui dit qu'il faut dormir". Suivront celle de "la petite fille avec son épée qui s'était perdue" et "celle du monsieur avec son grand manteau qui a perdu son sommeil". Il faudra encore à Ourson choisir son étoile avant de sombrer... 
    Ce nouvel album de Kitty Crowther est juste parfaitement merveilleux. "

    Gaëlle libraire jeunesse - Librairie Maupetit

  • Encore plus de bébés animaux

    Couleurs et bonne humeur!

    "Mais comment appelle-t-on les petits du coq et de la poule, du renard et de la renarde ou bien encore du cerf et de la biche? Poussins, renardeau, et d’autres bébés animaux tels que veau, chevreau et faon attendent impatiemment d’être découverts dans Encore plus de bébés animaux, un adorable album tout carton aux couleurs qui mettent de bonne humeur ! "

    Gaëlle - Librairie Maupetit

  • Massacre des innocents

    Le nouveau Biancarelli, épique et complexe.

    Après le fameux Orphelins de Dieu, Biancarelli nous régale avec une histoire de naufrage au large de l'Australie en 1629. Roman épique et lyrique dans lequel l'auteur explore la complexité de l'âme humaine.

    Marianne - Le grenier d'abondance

  • La mise à nu

    Douceur et humanisme

    Un professeur vieillissant retrouve un ancien élève devenu un peintre reconnu. Ça va être l'occasion  pour les 2 protagonistes de replonger dans le passé et leur quotidien de prendre un tour inattendu. Bravo à Blondel pour ce beau roman intimiste tout en douceur et humanisme.

    Marianne - Le grenier d'abondance

  • Couleurs de l'incendie

    Ambiance...

    Belle montée en puissance et en tension avec un beau portrait de femme de surcroit !

    Marianne - Le grenier d'abondance

  • Une longue impatience

    Très beau portrait de femme

    Gaëlle Josse nous offre avec son nouveau roman le portrait d'une femme et d'une mère tout en retenu à la fois combative et ébranlée, forte et si frêle...

    Très gros coup de cœur pour ce texte qui m'a beaucoup touché.

    Céline - Le grenier d'abondance

  • Churchill, Manitoba

    Passionnant et lié à tellement de ressorts que l’on pourrait en parler encore des heures

    C’est en faisant l’acquisition d’une carte Vidal Lablache, celle de l’Amérique du Nord, qu’Anthony Poiraudeau se trouve hypnotisé par un point y étant marqué : la ville de Churchill, tout au nord de l’état canadien du Manitoba, au bord de la baie d’Hudson. Le point d’entrée de contrées sauvages et extrêmes et des rêveries et projections les plus profondes sur la possibilité du voyage ultime, de l’isolement choisi, de la confrontation à l’espace et de l’expérience intime.

    Cette hypnose ne vient pas de nulle part tant Anthony Poiraudeau nous exprime sa passion première pour les cartes et sa faculté de jeunesse à effectuer les voyages les plus aboutis en parcourant les atlas. Elle vient aussi de sa passion pour la lecture, autre source de déplacements infinis, contractée dès l’enfance. Gracq, Faulkner ou encore Vernes sont donc régulièrement convoqués dans Churchill, Manitoba qui se trouve être finalement le récit du passage à l’acte : la confrontation de l’auteur au voyage réel, avec pour bagage sa bibliothèque mentale et ses grands « maîtres » et la volonté d’écrire sa propre expérience psycho géographique.

    Churchill, Manitoba c’est enfin la prise de mesure finale entre les ambitions préalables au voyage et la réalité crue d’un espace et de ses contraintes : Que viens-je finalement faire dans ce trou perdu ? Qu’ai-je laissé en souhaitant cet isolement ? Que raconter sur Churchill et qu’est ce que Churchill raconte du monde ? Et pourquoi le faire ?

    Anthony Poiraudeau arpente donc cet espace et son histoire, un mois durant. Il compile, documente et raconte, avec sensibilité et une érudition toute pudique, son bout du/de monde, en un véritable labyrinthe d’écriture et de maîtrise, dans lequel il ne nous laisse surtout pas nous perdre.

    Passionnant et lié à tellement de ressorts que l’on pourrait en parler encore des heures.

    Emmanuel - Histoire de l'oeil

  • La conquête des îles de la Terre Ferme

    C’est un défi auquel s’attaque Alexis Jenni. Et il s’y emploie fort bien.

    Il est des épisodes majeurs de l’histoire qui, bien que très documentés, bien que maintes fois interprétés, étudiés et adaptés, gardent néanmoins leur part de mystère. Et il est des rendez-vous que la littérature de roman se fixe avec la discipline historique pour apporter sa pierre à l’édifice. D’abord parce que ce mystère laisse la place à l’imagination, à la fiction et ensuite parce que ce genre d’épisodes, si extraordinaires et si fondateurs ne pourront que très rarement être dépassés en intensité en enjeux et en narration. C’est donc un défi auquel s’attaque Alexis Jenni. Et il s’y emploie fort bien.
    Hernan Cortés a réussi à conquérir le grand empire Mexicas de Montezuma.Une entreprise délirante démarrée à Cuba en 1519.Cuba où Cortes s’émancipe du gouverneur local pour réunir tout ce qui se fait de « conquistadors », aventuriers en tout genre, échoués sur les côtes des « Indes » nouvelles pour diverses raisons.
    À partir de ce moment, l’avancée de ces 500 est inéluctable. Une poste forgée à la négociation, à l’art de la séduction, à la faculté de Cortés à utiliser les inimitiés locales et à l’espoir d’une fortune colossale. Une piste largement marquée du sang et de la violence, le plus souvent celui des Indiens, manipulés et volontiers sacrifiés.
    Cette épopée nous est contée par Juan de Luna, dit « Innocent ». Un jeune clerc défroqué et banni d’Espagne qui deviendra le confident de Cortés.
    À travers sa voix, c’est toute notre fascination pour cette aventure que nous découvrons. Ainsi que le constat de vanité que nous pouvons faire à son épilogue.
    Le roman de Jenni, très documenté est sans concessions pour ces deux sociétés qui s’opposent ici. Sans jugement non plus, sinon celui des personnages sur eux-mêmes. Il réussit à compiler un récit historique très réaliste, un roman picaresque passionnant et une réflexion aboutie sur les faits que nous avons aujourd’hui à comprendre comme fondateurs, bien que lointains, de nos sociétés.

    Emmanuel - Histoire de l'oeil

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