Les Escales

  • L'Américaine

    Catherine Bardon

    Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York, l'université, un stage au Times. Une nouvelle vie... Elle n'en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l'était son père, Wilhelm.
    Ruth devient très vite une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l'amitié et des amours. Des bouleversements du temps aussi : l'assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre culture, l'opposition de la jeunesse à la guerre du Viêt Nam...
    Mais Ruth, qui a laissé derrière elle les siens dans un pays gangrené par la dictature où la guerre civile fait rage, s'interroge et se cherche. Qui est- elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d'adoption ? Où va-t-elle construire sa vie, elle dont les parents ont dû tout fuir et réinventer leur existence ? Trouvera-t-elle la réponse en Israël où vit Svenja, sa marraine ?
    Entrelaçant petite et grande histoire, explorant la question de l'exil et de la quête des racines, Catherine Bardon nous livre une radiographie des États-Unis des années 1960, en poursuivant la formidable fresque romanesque inaugurée avec Les Déracinés.

  • À Vienne, en 1932, au milieu du joyeux tumulte des cafés et de l'opéra, Wilhelm, journaliste, rencontre Almah, la femme de sa vie. L'antisémitisme enfle, et, après l'Anschluss, la violence quotidienne les terrifie. Myriam, la soeur de Wilhelm est partie aux États-Unis ; leurs parents, eux, ne peuvent quitter leur pays natal. Déchiré, mais bien décidé à sauver Almah et leur jeune fils, Wilhelm se résout à fuir l'Autriche.
    Suisse, 1939. Dans un camp de réfugiés, le jeune couple et leur petit Frederick sont bloqués, leurs passeports ne sont pas en règle. La situation semble inextricable jusqu'à ce qu'un homme leur offre une porte de sortie : fonder un kibboutz en République dominicaine. Pour complaire aux Américains, le dictateur local, Trujillo, a en effet offert 100 000 visas à des Juifs en provenance du Reich.
    Les « exilés volontaires » débarquent sur la côte nord de l'île, au milieu de la jungle tropicale. Là, tout est à construire, une ville et une vie. Wilhelm et Almah devront apprendre à travailler sous un soleil de feu et à jouir d'une vie simple, loin de l'effervescence autrichienne. Ce sera pour eux l'occasion, peut-être, de se réinventer et de prendre racine.

    Fondée sur des faits réels et des témoignages, cette fresque au souffle romanesque admirable révèle un pan méconnu de l'histoire mondiale. Elle parle du sort des individus pris dans les turbulences du temps, de la perte des rêves de jeunesse, de la douleur de l'exil et de la quête des racines.

  • Jour après jour, Ruth se félicite d'avoir écouté sa petite voix intérieure : c'est en effet en République dominicaine, chez elle, qu'il lui fallait poser ses valises. Il lui suffit de regarder Gaya, sa fille. À la voir faire ses premiers pas et grandir aux côtés de ses cousines, elle se sent sereine, apaisée. En retrouvant la terre de son enfance, elle retrouve aussi Almah, sa mère, l'héroïne des Déracinés. Petit à petit, la vie reprend son cours et Ruth - tout comme Arturo et Nathan - sème les graines de sa nouvelle vie. Jusqu'au jour où Lizzie, son amie d'enfance, retrouve le chemin de Sosúa dans des conditions douloureuses.
    Roman des amours et de l'amitié, Et la vie reprit son cours raconte les chemins de traverse qu'emprunte la vie, de défaites en victoires, de retrouvailles en abandons.
    Guerre des Six-Jours, assassinat de Martin Luther King, chute de Salvador Allende... Catherine Bardon entrelace petite et grande histoire et nous fait traverser les années 1960 et 1970. Après Les Déracinés, salué par de nombreux prix, et le succès de L'Américaine, elle poursuit sa formidable fresque romanesque.

  • Un invincible été Nouv.

    Depuis son retour à Sosua, en République dominicaine, Ruth se bat aux côtés d'Almah qui n'a rien perdu de son énergie, pour les siens, pour la mémoire de sa communauté, pour contribuer à faire de sa terre natale le pays dont elle rêve, alors que les touristes commencent à déferler sur l'île.
    Gaya, sa fille, affirme son indépendance et part faire des études de biologie marine aux États-Unis, où Arturo et Nathan mènent leurs vies d'artistes. Comme sa mère, elle mène son propre combat à l'aune de ses passions, tout comme ses deux frères dont l'engagement est d'une autre nature.
    La tribu Rosenheck-Soteras a fait sienne la maxime de la poétesse Salomé Ureña : « C'est en continuant à nous battre pour créer le pays dont nous rêvons que nous ferons une patrie de la terre qui est sous nos pieds. » Mais l'histoire, comme toujours, les rattrapera. De l'attentat du World Trade Center au terrible séisme de 2010 en Haïti, en passant par les émeutes en République dominicaine, chacun tracera son chemin, malgré les obstacles et la folie du monde.

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