Payot & Rivages (réédition numérique FeniXX)

  • « J'ai fermé les registres. J'ai regardé le ciel. [...] Je m'avançais désormais à la tête d'une cohorte. Elle ne cesserait de grossir au fil des mois, rassemblée en cent ans de misères. Avec leur crâne rasé, leurs sabots, leurs pantalons de treillis, leurs vestes grises, ils se ressemblaient tous, ces enfants en prison. Je voulais les suivre au travail, pendant lequel il était interdit de parler, sur le chemin des champs ou de l'atelier ; au dortoir, glacé l'hiver, rempli l'été à l'heure du coucher, d'une grande clarté chaude, encore diurne ; dans leurs courses d'évadés, dans les cachots où ils inscrivaient leur nom ; devant la pitance du réfectoire dans le bruit des écuelles de fer... » M.R. Ce livre est un pèlerinage dans les lieux encore visibles, les registres d'écrou, les dossiers, tout ce que gardent - ou taisent - les archives de ces pénitenciers pour enfants qu'on appela les « petits bagnes ». L'auteur nous conduit dans un voyage hallucinant auquel il ne manque ni le poids et l'odeur des heures, ni le goût du pain de troupe, ni les paysages et les saisons du ciel. L'art de raconter, l'écriture charnelle et minutieuse ressuscitent ces enfants sans enfance, au long d'un récit poignant.

  • Novembre 1989... Le mur de Berlin tombe, le passé resurgit, une jeune femme s'interroge sur son enfance : une communauté comme il en exista des centaines, peut-être des milliers en France, au début des années 70. Celle où vécut sa mère s'appelait La grande verrière, un ancien atelier vitré transformé en salle commune, dans un immeuble pittoresque de Besançon : sous la bulle de verre : Didier, Claire, Éric, Joëlle, Le Filou, Laure, Marie-Pascale, un couple d'établis, et quelques autres, tentent de vivre autrement ; conscients de ce qu'ils refusent ; hésitants sur ce qu'ils désirent. La Grande Verrière est traversée des regards fascinés, ou critiques, de l'entourage. Vont-ils réussir à inventer de nouveaux modes de vie, repenser l'amour, le couple, le partage, l'éducation des enfants ? Tant de rêves les habitent. Rêves que croisent les appels à l'autogestion des ouvriers de Lip, les luttes des femmes pour leurs libertés, souvenirs qui hantent la cité utopique toute proche d'Arc-et-Senans. Deux ans de recherches et d'espoirs...

  • Le monstre médiéval apparait à travers l'oeuvre des peintres et graveurs de la fin du Moyen Âge comme une création très mystérieuse : notre époque, pour tenter d'en retrouver le sens, lui prête des intentions subversives, des origines pathologiques, une inspiration redevable aux hallucinogènes, etc. (toutes grilles qu'on a voulu appliquer à Jérôme Bosch, par exemple). Ces essais d'explication, pour la plupart, n'entrent pas réellement dans l'univers médiéval. Ce livre se propose de cerner le monstre, et la notion de monstre, par une exploration aussi respectueuse que possible des données propres au Moyen Âge : structures de l'univers, paysage de mentalités, pensée mystique et mythique. La tradition gréco-romaine (et son héritage oriental), la tradition des divins docteurs médiévaux s'entre-mêlent pour maintenir et enrichir l'existence des monstres. Le XVe siècle, dans une hantise accrue et aiguë du diabolique, engendre une nouvelle génération monstrueuse qui, cependant, coexiste avec les précédentes et entretient des rapports étroits avec elles. L'auteur chasse le monstre à travers des textes littéraires et para-littéraires (descriptions du monde et récits de voyage en particulier du XIIIe au XVe siècle, en vue de restituer le regard du passé sur ses propres créations, tout en s'accordant la liberté d'user des ressources du XXe siècle pour jeter des ponts entre cette époque et la nôtre. Une iconographie abondante et en grande partie inédite illustre le propos.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Rennes naguère : 1850-1939, ce sont de magnifiques photos d'époque réunies et commentées par Jean-Yves Veillard. Ce qui rend précieux le présent ouvrage, c'est qu'il nous restitue l'image du passé accompagnée des commentaires d'un contemporain. Nous sont ainsi offertes aussi bien la représentation précise de ce qui fut, que la description des changements successifs intervenus depuis une centaine d'années dans notre paysage urbain.

  • Marseille naguère : 1859-1939, ce sont 203 photographies anciennes réunies et commentées par Gérard Detaille. Ce qui rend précieux le présent ouvrage, c'est qu'il nous restitue l'image du passé accompagnée des commentaires d'un contemporain. Nous sont ainsi offertes aussi bien la représentation précise de ce qui fut, que la description des changements successifs intervenus depuis une centaine d'années dans notre paysage urbain.

  • Ce livre est un geste de respect et d'amour envers les Angevins qui nous ont précédés. C'est aussi une façon de les honorer, car montrer le cadre de leur vie est une manière ultime de les faire revivre.

    Certes, la photographie d'un monument permet d'en étudier l'architecture et le caractère, mais le cliché l'isole de son contexte! Alors qu'évoquer une rue et même tout un quartier d'Angers, c'est ressusciter vraiment, dans le milieu où ils ont vécu, les Angevins de la fin du 19e et du début du 20e siècle.

    Ce qui rend précieux le présent ouvrage, c'est qu'il nous restitue l'image du passé accompagnée des commentaires d'un contemporain. Nous sont ainsi offertes aussi bien la représentation précise de ce qui fut, que la description des changements successifs intervenus depuis une centaine d'années dans notre paysage urbain.

  • Lorsqu'on lit les travaux qui ont été consacrés à la Sicile, aux établissements chrétiens d'Orient, à la Russier et aux pays scandinaves, le lien qui relie si étroitement entre eux les différents épisodes de la geste des Normands et qui explique l'extraordinaire expansion de ce peuple, si remarquable par sa hardiesse et si exceptionnellement heureux dans ses entreprises, n'apparaît que d'une manière imparfaite. On ne le voit guère qu'en envahisseur assimilé, presque aussitôt la conquête achevée, par la nation qu'il a subjuguée par ses armes, sans se rendre compte d'une façon suffisante que, si le pays conquis a beaucoup donné, le conquérant a donné plus encore. Aussi l'important ouvrage de M. P. Andrieu-Guitrancourt : Histoire de l'Empire Normand et de sa civilisation, paru aux Éditions Payot, était-il attendu depuis longtemps. Voici un livre définitif sur les Normands et leur civilisation.

  • Au XIXe siècle, les arriérés de l'asile sont tous issus des classes populaires, notent les médecins de l'époque, en ajoutant que c'est donc dans les taudis ouvriers et l'amoralité des pauvres, qu'il faut aller chercher les causes de la tare. En revanche, un épais silence enveloppe l'existence d'enfants idiots au sein des milieux bourgeois. L'auteur s'attache à démontrer ce que doit à cette imposture l'invention de la débilité légère et, plus globalement, la notion d'arriération mentale dont on use aujourd'hui. La mobilisation des parents, les progrès de la médecine conduisent, dans les années 50, à l'émergence d'associations de parents d'enfants inadaptés, qui ont développé depuis une filière de centres spécialisés situés entre l'école et l'hôpital : les instituts médico-pédagogiques et professionnels (pour enfants et adolescents) et les centres d'aide par le travail (CAT), pour les adultes. Dans cette dernière structure, le travail est présenté comme une technique thérapeutique. C'est l'histoire de cette filière, le poids qu'elle a pris par rapport aux autres modes de prises en charge (asilaire ou familial) et sa logique de fonctionnement qui sont analysés ici. L'auteur montre enfin comment les pouvoirs médico-pédagogique et patronal s'accordent pour invalider la parole du sous-prolétariat des CAT, en la renvoyant perpétuellement dans l'ordre de la folie. Par là, les soignants interdisent définitivement aux arriérés mentaux de se faire reconnaître comme sujets.

  • Confronté à un environnement souvent hostile dont il est étroitement dépendant, l'Africain vit en familiarité avec la mort. À défaut d'outils et de techniques pour pallier le risque permanent de mourir de faim ou de maladie, sa culture lui fournit une exceptionnelle disposition à manier les symboles pour transcender l'angoisse de la précarité. La mort individuelle n'est qu'un moment du cycle vital : elle ne saurait porter atteinte à la continuité de la vie car elle en est la condition implicite. Cette signification particulière donnée à la mort est attestée par les mythes.

  • L'identité est un mot dont l'usage trop fréquent qui en a été fait a dilué le sens. C'est sans doute dans le registre de la psychanalyse que cette identité peut trouver une certaine place, encore fallait-il la préciser. L'auteur envisage ce terme d'abord dans la littérature analytique, chez Freud qui, très tôt (mais peut-être dans une autre direction), a parlé d'identité ; puis chez ses successeurs et, en particulier, dans les théories actuelles qui sont orientées autour de la notion de self. La clinique analytique permet ensuite de repérer certains aspects de cette identité, caractéristiques dont est rapporté aussi l'impact dans la psychanalyse appliquée à la littérature. Toute cette recherche est sous-tendue par l'implication même de l'analyste, et l'on pourrait dire qu'une telle étude est, en fin de compte, l'essai de préciser pour l'analyste, voire pour l'analyse, sa propre Identité. Perpétuelle oscillation défensive, entre le contenu émanant de la conscience, et le discontinu de la castration, l'identité apparaît non pas comme une nouvelle structure, mais comme une partie de l'organisation de l'appareil psychique. Ce qui, dans ce jeu, est double, c'est la perpétuelle alternance entre le même et le différent, le pareil et le dissemblable, le général et le particulier.

  • Trois millions d'exclus en France : infirmes physiques, mentaux, délinquants, immigrés, etc. Ce chiffre et ce concept sont ceux de l'État et de son administration. En parlant d'exclus, l'État rend des milliers d'hommes et de femmes étrangers à eux-mêmes et aux autres. Pour Jean-Marc Bardeau, il s'agit, au contraire, d'une réclusion étatique. En produisant ses handicapés physiques, mentaux, sociaux, à travers ses conditions de travail et d'existence, le capitalisme a dû créer ses ghettos parallèles à ses institutions d'éducation (Instituts médico-pédagogiques) ou de production (Ateliers protégés, Centres d'aide par le travail). Médecins, psychologues, éducateurs, assistantes sociales sont érigés en nouveaux juges et praticiens de cette exclusion-réclusion d'État. L'auteur rend compte ici d'un itinéaire individuel et collectif. L'itinéraire des infirmes moteurs cérébraux n'est pas exceptionnel, mais révélateur de toute une société policée, surveillée. L'étatisation des individus normaux ou inadaptés est la même.

  • La presse truque, manipule. À chaque fois, les caméras de télévision, les stylos de la presse écrite, se ruent sur un chiffon rouge, se trompent et trompent tout le monde. Conclusion : C'est la faute aux médias ! Les médias, bouc émissaire ? C'est trop facile ! Dans une société qui se développe par crises successives : crises de l'école, de la police, des banlieues, de l'immigration, l'information joue un rôle d'intermédiaire. Chaque fois qu'un groupe social cherche à satisfaire une revendication, chaque fois qu'un homme politique ou un chef d'entreprise veut régler ses comptes, il provoque une crise susceptible d'attirer la presse. Désinformation, trucage, mensonge, corrompent progressivement la vie quotidienne. Or, nul n'a intérêt à polluer cet espace public qu'est l'information : il est un repère démocratique essentiel pour nous tous.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Depuis une vingtaine d'années, la réalisation de l'unité européenne est à l'ordre du jour. Plusieurs institutions ont été créées pour assurer cette oeuvre d'unification. Le projet a certes connu des hauts et des bas, mais, en dépit de tant de crises et de divisions, l'intégration des économies nationales dans un ensemble plus vaste continue de s'accomplir. La formation progressive d'une Europe des affaires représente l'un des principaux aspects de ce mouvement. L'élargissement du marché a suscité de multiples regroupements dans chaque pays et l'établissement de nombreux rapports entre firmes de pays différents. La gestion des entreprises tient compte désormais de la dimension européenne mais il en va de même pour la pression que celles-ci exercent sur les autorités publiques. Ce qu'est l'Europe des affaires, les facteurs et les modalités de sa constitution, les obstacles qu'elle rencontre, la part respective des firmes européennes et américaines, la capacité d'influence ainsi acquise, toutes ces questions ont fait l'objet d'une minutieuse enquête et donnent lieu à des conclusions précises. Les dangers de l'offensive américaine pour l'Europe font l'objet d'un examen détaillé. Ce livre, qui n'évite aucune question, concerne directement tous ceux que préoccupent le destin de l'Europe et l'avenir de la civilisation européenne. Par ailleurs, du fait qu'il propose un cadre neuf d'interprétation, l'ouvrage s'adresse aussi à tous ceux qu'intéresse le développement de la théorie politique.

  • oPourquoi, depuis le séjour prolongé de Malinowski aux Trobriands, l'ethnologue doit-il se rendre sur le terrain, et ne peut-il se contenter d'interpréter des faits rapportés de seconde main ? oLes auteurs de ce livre, attachés de recherches au C.N.R.S. et actuellement en mission en Nouvelle-Guinée, estiment que le terrain n'est pas un rite de passage, dont on pourrait aisément se désintéresser, mais qu'il constitue l'expérience à partir de laquelle s'organise la science ethnologique : le terrain apparaît comme un laboratoire où l'ethnologue doit faire des séjours longs et répétés. oL'ouvrage défend ainsi une conception de l'ethnologie selon laquelle l'expérience directe, nécessairement limitée à quelques sociétés, se révèle plus féconde que la course, à travers livres et revues, à des informations dont la valeur reste toujours douteuse. oL'apprentissage ethnographique est une véritable éducation. Il semble difficile de tricher sur le terrain. L'expérience ethnographique sollicite en effet de l'ethnologue tout autre chose qu'un simple savoir : il comparaît en chair et en os, et le verdict de ce tribunal portera aussi bien sur ses qualités morales, affectives ou sensorielles, que sur des connaissances purement académiques. oOn comprend alors la résistance de beaucoup, leur peu d'enthousiasme à se rendre sur le terrain, les artifices qu'ils mettent en oeuvre pour truquer cette expérience, s'ils s'y sont, en fin de compte, résignés, et leur silence au retour. C'est justement ce mutisme que ce livre voudrait rompre.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Depuis très longtemps, les sociologues ont présenté la ville comme une image de la société inscrite sur le sol. Les villes nouvelles ne seront pas dessinées seulement d'après les impératifs de l'évolution technique, elles seront l'expression d'une nouvelle société. Avant de dire que les hommes doivent s'adapter aux nouvelles formes des villes qui naîtront fatalement en raison de l'évolution technique, il est utile de se demander s'ils n'ont pas actuellement la possibilité d'imaginer les villes qu'ils désirent et d'utiliser les moyens de plus en plus perfectionnés dont ils disposent pour les réaliser.

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