Stephen Smith

  • La « jeune Afrique » - 40 % de sa population a moins de quinze ans ! - émerge de la pauvreté absolue. Elle compte aujourd'hui 1,3 milliard d'habitants et en comptera 2,4 milliards dans trente ans, face à 500 millions d'Européens vieillissants. Elle ne crée pas assez d'emplois pour tous ses jeunes - il en faudrait 1,7 million par mois - mais ceux-ci ont de plus en plus souvent les moyens de partir à la recherche d'une vie meilleure. Leur migration de masse va constituer l'un des plus grands défis du XXIe siècle.

    La pression migratoire polarise le débat : l'État-providence sans frontières est une illusion ruineuse, « l'Europe forteresse », la tombe des valeurs humanistes. Guidé par la rationalité des faits, cet essai de géographie humaine assume la nécessité d' arbitrer entre intérêts et idéaux.

  • Trump a été élu en agitant la menace d'une « invasion » qui n'aura pas lieu : depuis dix ans, plus d'immigrés mexicains sont retournés dans leur pays qu'il n'y a eu de nouveaux arrivants.
    À l'inverse, entre l'Europe et l'Afrique, la pression migratoire va crescendo : l'UE compte 510 millions d'habitants vieillissants, l'Afrique 1,25 milliards dont 40 pour cent ont moins de 15 ans; en 2050, 450 millions d'Européens feront face à 2,5 milliards d'Africains (d'ici à 2100, trois sur quatre personnes venant au monde naîtront au sud du Sahara).
    La démographie est implacable. La jeune Afrique ne peut que se ruer vers le Vieux Continent. L'Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d'Afro-Européens (9 millions aujourd'hui).
    Comment gérer un tel flux migratoire, qui va être au coeur des débats des prochaines décennies ?
    Stephen Smith aborde ici le sujet en « dé-moralisant » le débat, à partir de la rationalité des faits et en s'affranchissant des oeillères idéologiques (l'irénisme humaniste fait en la matière autant de dégâts que l'égoïsme nationaliste).
    Il démontre, entre autres :
    - que ce ne sont pas les plus pauvres qui émigrent : les jeunes qui peuvent quitter le village pour la ville, puis la ville pour la capitale, puis le continent pour le monde, sont les forces vives des pays de départ, les espoirs de l'Afrique « émergente ». Les plus pauvres sont vissés à leur village et les plus riches vivent - très bien - sur place ;
    - que la jeunesse démographique des sociétés subsahariennes amenuise leur chance de consolider des systèmes démocratiques ;
    - que vouloir faire de la Méditerranée la douve d'une « forteresse Europe » en érigeant des remparts - des grillages, un mur d'argent, des Etats policiers en première ligne... - autour du continent de l'opulence et de la sécurité sociale est une illusion ;
    - que le « co-développement » est une aporie : il vise à retenir les pauvres chez eux alors qu'il finance leur déracinement (les pays riches versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel un nombre croissant de leurs habitants disposent des moyens pour partir s'installer ailleurs) ;
    - qu'une diaspora tardant à se dissoudre dans son pays d'accueil encourage à venir d'autres immigrés qui, sans elle, ne se mettraient pas en route ;
    - que l'Europe, et singulièrement la France, ne pourra durablement conjuguer ses valeurs et sa politique d'immigration, sous peine de laisser triompher chez elle un populisme « nativiste » : elle sera contrainte de renoncer à sa prétention morale (la rançon payée à des autocrates pour endiguer les flux migratoires s'accommode mal de l'angélisme proclamé) et d'abandonner son modèle social, le souci d'équité et l'Etat-providence.

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  • La moitié du continent africain est dévastée par des
    « guerres d'écorcheurs » ; l'autre vivote entre crise et corruption, tribalisme et anarchie. Emigration clandestine, fuite des cerveaux : les meilleurs partent. Dans nombre de pays, les fonctionnaires cumulent des mois, voire des années d'arriérés de salaire, les hôpitaux sont des mouroirs, les écoles ferment. L'Etat s'effondre. Seuls quelques îlots émergent dans un océan de malheur. Le sida frappe partout, emporte les élites, réduit l'espérance de vie de quinze à vingt ans.
    Pourquoi l'Afrique meurt-elle ? Après avoir été martyrisée par la traite esclavagiste et soumise par le colonialisme, l'Afrique, handicapée dans le commerce international, en retard sur tous les plans, se suicide. Ses habitants, tétanisés par un présent qui n'a pas d'avenir, s'enferment dans un autisme identitaire. Face à la mondialisation, ils capitulent en postulant « l'homme noir » irréductible à l'universel.
    Un tableau sans complaisance et un cri d'alarme par l'un des meilleurs observateurs de l'Afrique aujourd'hui.

  • L'Afrique, ce continent dit " oublié " où la Chine s'implante tous les jours davantage, où la mainmise par les compagnies multinationales sur les ressources - en particulier le pétrole - fait régulièrement la une des journaux. Cet atlas vient à propos pour reprendre à la base à rebours des préjugés et préventions, l'interrogation sur ce continent, en quête de véracité factuelle.
    Avec pour double défi, une volonté de fiabilité et de limpidité, l'atlas se divise en cinq chapitres mêlant savamment textes et illustrations. Abordant dans un premier temps la pluralité du continent, l'auteur propose un panorama complet traitant de sujets phares tels la géographie, la démographie, les aires linguistiques, l'économie ou encore l'éducation et la santé. Il retrace ensuite l'histoire de l'Afrique dans ses grandes étapes (empires précoloniaux, traite négrière, exploration, colonisation, décolonisation et Apartheid), avant, par souci d'actualité, de mettre l'accent dans les trois dernières parties sur l'Afrique indépendante : diversité et conflits religieux, terrorisme, lutte contre les migrations et les trafics illicites, contrôle des matières premières stratégiques en particulier le pétrole, grands fléaux tels le sida, et écologie.
    Cette nouvelle édition entièrement revue est augmentée d'un cahier de 8 pages consacré à la percée chinoise en Afrique, dans lequel l'auteur explique l'importance de l'implantation chinoise et détaille deux exemples : le pétrole et le bois.
    L'ambition de cet ouvrage est de produire des synthèses éclairantes et pertinentes sur cette terre plurielle de massacres et de famines mais aussi de formidable vie, au passé et au futur lourdement chargés.

  • Pour la première fois dans l'histoire, l'humanitaire fait la guerre. Mais Restore Hope, le débarquement spectaculaire des marines sur les plages de Mogadiscio et la relève prise par l'ONU, désormais engagée dans des « raids punitifs », n'auront été qu'un entracte entre deux catastrophes : la famine, résultat d'une guerre civile qui a fauche 300 000 Somaliens dans l'indifférence d'un monde longtemps coupable de non-assistance a population en danger ; la tentative de restauration d'un Etat victime d'un « suicide national », livré aux seigneurs de la guerre, ceux-là même qui ont pillé et dévasté le pays au prix d'une génération.
    Ce livre retrace tous les épisodes du drame somalien, de 1989 à juillet 1993, de la lente et sanglante agonie du régime de Siad Barre a sa chute, des luttes fratricides à la famine, de l'intervention militaro-humanitaire des Américains au retour de l'ONU. Il montre comment l'humanitaire a tenu lieu de politique a une communauté internationale plus soucieuse de soulager sa conscience, à n'importe quel prix, que de comprendre, pour la résoudre, la crise que traverse un pays abandonne. L'échec est dès lors inéluctable. Nourrie de force, manu militari, sans Etat ni armature morale, son histoire et sa culture scandaleusement ignorées en dépit d'un déferlement cathodique exceptionnel, la Somalie est sur le point de devenir un « cimetière » de l'aide humanitaire, terra incognita ou rôdera à nouveau la mort, dans l'indifférence des bienfaiteurs d'hier.
    Entre carnet de route et essai, cet ouvrage, rempli d'informations inédites, allie la rigueur de la démonstration à la vivacité du reportage.
    Stephen Smith est, depuis 1988, le responsable Afrique de Libération. A plusieurs reprises, notamment au moment de la chute du dictateur Siad Barre, il a été l'un des très rares journalistes occidentaux présents en Somalie.

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  • Anglais Born bad

    Stephen Smith

    • Cicada
    • 22 Juin 2018
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  • Le 16 août 1972, le général Mohamed Oufkir tente d'assassiner Hassan II. Son coup d'Etat échoue. Oufkir est criblé de balles au palais. Version officielle : un "suicide de trahison". Quatre mois plus tard, Fatima, la veuve du général, et ses six enfants sont arrêtés. Pendant dix-neuf ans, ils disparaissent de la surface de la terre, emmurés dans le jardin secret du roi du Maroc.

    De la palmeraie d'Assa, leur premier lieu de détention, à Bir-Jdid, un mouroir spécialement aménagé à leur intention, de leur évasion à leur arrivée en France, Stephen Smith fait revivre la terrible odyssée de ces morts vivants qui furent les intimes du souverain. Mais il raconte aussi pour la première fois la vie controversée de leur mari et père, héros de guerre et tortionnaire, connétable du roi et "général félon", jusqu'au "drame shakespearien" qui finit par dresser l'un contre l'autre Hassan II et son homme lige.

    Récit biographique, saga familiale, livre d'enquêtes, notamment sur l'affaire Ben Barka, Oufkir, un destin marocain révèle les arcanes du palais et décrit, de l'intérieur, l'appareil répressif d'un régime que le général a servi puis trahi. Il restitue aussi son histoire à une famille dont on a voulu effacer jusqu'au souvenir. Car retracer le destin des Oufkir, ce n'est pas seulement réécrire les cinquante dernières années du Maroc, éclairer sa décolonisation et le rôle ambigu que la France y a joué et continue d'y jouer, c'est aussi remonter le fleuve amnésique de l'actualité jusqu'à la source d'un despotisme à la façade républicaine.

    Stephen Smith est le correspondant Afrique de Libération, pour lequel il couvre le Maroc depuis de nombreuses années. Ce livre, qui s'appuie sur les témoignages de Fatima, Malika, Myriam et Raouf Oufkir, est le fruit de dix années d'enquête.

    Stephen Smith a déjà publié chez Calmann-Lévy La Guerre du cacao (avec Jean-Louis Gombeaud et Corinne Moutout, 1990), Somalie, la guerre perdue de l'humanitaire (1994), Ces Messieurs Afrique 1 et 2 (avec Antoine Glaser, 1992 et 1997).

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  • Atlas de l'afrique

    Stephen Smith

    À l'heure où l'on s'interroge sur l'avenir de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique francophone, où l'Afrique devient un continent de plus en plus convoité par les grandes puissances - principalement pour ses richesses pétrolières, minières et agricoles - cet ouvrage vient à propos pour reprendre à la base à rebours des préjugés et préventions, l'interrogation sur ce continent, en quête de véracité factuelle.
    Avec pour double défi, une volonté de fiabilité et de limpidité, l'atlas se divise en cinq chapitres mêlant savamment textes et illustrations. Abordant dans un premier temps la pluralité du continent, l'auteur propose un panorama complet traitant de sujets phares tels la géographie, la démographie, les aires linguistiques, l'économie ou encore l'éducation et la santé. Il retrace ensuite l'histoire de l'Afrique dans ses grandes étapes (empires pré-coloniaux, traite négrière, exp loration, colonisation, décolonisation et Apartheid), avant, par souci d'actualité, de mettre l'accent dans les trois dernières parties sur l'Afrique indépendante.
    L'ambition de l'atlas est de produire des synthèses éclairantes et pertinentes sur cette terre plurielle de massacres et de famines mais aussi de formidable vie, au passé et au futur lourdement chargés.

  • La crise en Côte d'Ivoire est le symbole de la fin de la présence française en Afrique. La France a rapatrié ses ressortissants sous les huées, sinon sous les balles. Ailleurs, elle est déjà partie en catimini, à la fin de la guerre froide, quand l'Afrique a été abandonnée à son sort : effondrement de l'État, guerres, sida... L'aide a été amputée, les coopérants ont été retirés. Seule l'armée française est restée enfermée dans ses bases, garde prétorienne de régimes indéfendables. Après avoir été pendant plus de quarante ans le « gendarme de l'Afrique », la France s'est recyclée en « gardien de la paix ». De plus en plus souvent, les États-Unis et la Chine dament le pion à une « vieille » France gênée aux entournures par le génocide au Rwanda, le scandale Elf, les turpitudes de la « Françafrique »... Insensiblement d'abord, puis à un rythme qui est allé s'accélérant, la France a perdu "son" Afrique, celle où, de Dakar à Libreville en passant par Djibouti, N'Djamena, Brazzaville et Antananarivo, elle se plaisait à penser qu'elle était aimée.

    Dans ce livre sans concessions, Stephen Smith et Antoine Glaser pointent les erreurs, les lâchetés et les ambiguïtés qui ont émaillé la politique africaine de la France, et lui ont fait perdre ce « pré carré » qu'elle rêvait de façonner à son image.

  • Sommes-nous tous Africains, émigrés du « berceau de l'humanité » ? Qu'a été, ou qu'est toujours, la Françafrique ? Comment « l'Islam noir tolérant » a-t-il donné naissance au djihadisme au Sahel ? L'Internet et la téléphonie mobile révolutionnent-ils le quotidien africain ? Comment expliquer la percée de la Chine en Afrique ?
    Faire le tour d'un continent sept fois plus vaste que l'Union européenne en explorant son histoire, sa culture, ses évolutions sociales, économiques, politiques et géopolitiques, ses épreuves du passé - esclavage, colonisation, guerres - et ses promesses d'avenir, tel est le pari ambitieux de ce livre.
    L'exceptionnelle jeunesse de l'Afrique marque ses réalités contemporaines : 40 % de ses habitants ont moins de 15 ans. Le quasi-doublement de sa population d'ici à 2050 va décupler les défis comme les opportunités. L'Afrique trouvera-t-elle les moyens pour nourrir, loger, former et employer tous ses jeunes ?
    Le niveau de son développement, de sa stabilité politique et de son état sanitaire, le rythme de l'émigration ou sa contribution à la (dé-)pollution de la planète concernent plus que jamais l'Europe et le reste du monde. Voici 100 clés pour mieux comprendre les enjeux présents et futurs de la « jeune Afrique ».

  • Accomplir une révolution prolétarienne dans un pays où la classe ouvrière ne constitue qu'une faible minorité, c'est cette gageure que soutinrent en ces années 1920 le petit Parti communiste chinois et derrière lui la Comintern, majorité stalinienne et opposition trotskiste confondues. Partant de ce constat, Stephen Smith retrace le parcours du PCC depuis sa fondation jusqu'à son effondrement provisoire en avril 1927, sous les coups de son allié Chiang Kaï-shek, le chef de l'armée du Guomindang.

    Historien du travail, l'auteur de Pétrograd rouge décrit les rapports entretenus par les communistes avec les ouvriers, accordant une attention particulière aux liens de toute sorte (selon l'origine régionale, le métier, les affiliations aux sociétés secrètes, le clientélisme, etc.) qui entravaient leur organisation dans la grande métropole chinoise. Il s'intéresse aussi à l'action des mafias, actives en matière de marchandage ouvrier, troupes de choc du patronat, ainsi que de Chiang, lors du massacre des communistes, décrit avec quelques exagérations par Malraux dans sa Condition humaine. Porteur d'une grande valeur documentaire, le livre retrace les efforts du Parti pour mener les grèves, fonder des syndicats et se préparer à prendre le pouvoir. Mais cela, il ne le fera que plus tard, appuyé cette fois sur la paysannerie.

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  • En République démocratique du Congo (RDC), une décennie de conflits armés a causé la mort de plus de 4 millions de personnes, le déplacement d'1 million de civils et laissé un pays meurtri. La population continue de souffrir des conséquences de ces troubles : malnutrition, maladies mais aussi violences meurtrières perpétrées par les miliciens qui sont toujours actifs malgré la signature d'accords de paix en 2008 et la constitution d'une armée nationale. À l'Est du pays - en Ituri et au Kivu, régions frontalières du Rwanda et de l'Ouganda où les ressources minières sont convoitées - l'utilisation du viol comme arme de guerre et l'enrôlement des enfants soldats sont courants. Face à ce désastre, les Congolais affluent massivement vers les Églises de réveil où ils sont manipulés par des pasteurs peu scrupuleux. C'est un pays exsangue, oublié de la communauté internationale, que Cédric Gerbehaye montre avec la rigueur et l'engagement des grands photojournalistes, sans pour autant verser dans le sensationnalisme. Le texte de Stephen Smith retrace l'historique du conflit tandis que celui de Christian Caujolle dit la force d'images qui constituent déjà un témoignage essentiel sur l'Afrique des Grands Lacs.

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  • Le siège de Bastogne vivra à tout jamais dans les annales de l'histoire militaire américaine. Au début du mois de décembre 1944, les armées alliées frappent à la porte du IIIe Reich. À ce moment précis, la dernière chose à laquelle les Alliés pensent est que l'Allemagne est en mesure de contre-attaquer et c'est pourtant ce qu'Hitler choisit de faire. Lancée quand la météo neutralise la suprématie aérienne alliée, l'offensive permet à 40 0000 soldats allemands d'attaquer sur un front de 120 kilomètres tenu par seulement quatre divisions d'infanterie américaine, dont deux sans expérience et les deux autres, fatiguées par les combats, ainsi qu'une division blindée en réserve.
    Ainsi commence la plus grande et la plus coûteuse des batailles livrées par l'armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Les combats se concentrent sur une petite ville belge, Bastogne. Renforcée par la 101e division aéroportée bien aguerrie, sous le commandement par intérim du général de brigade Anthony McAuliffe, célèbre pour son fameux "Nuts !" lancé aux Allemands qui lui demandaient de se rendre, la garnison de la ville se compose d'un mélange d'unités variées qui défient l'offensive allemande et l'arrêtent jusqu'à l'intervention de la 3rd US Army de Patton qui brise le siège.
    Ce livre raconte l'encerclement, le siège et la libération, avec des photographies d'hier et d'aujourd'hui, dont des vues aériennes réalisées pour cet ouvrage, le tout avec un luxe de détails.

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  • Première grande biographie de Jean-Bedel Bokassa, ce livre relate l'histoire d'un "indigène" devenu enfant de troupe, officier de l'armée française, maréchal président à vie puis empereur de Centrafrique et, après sa condamnation à mort et sept années de prison, "treizième apôtre du Christ", comme il s'était lui-même baptisé. Un destin hors du commun qui est aussi un formidable terrain d'enquête sur les imbiguïtés - et la "familiarité" - des relations franco-africaines.

    Car si l'on a brodé sur le "soudard" de la coloniale qui s'est offert un couronnement impérial, sur ses délires mégalomaniaques, son anthropophagie prétendue et l'amitié trahie avec son "cousin" Valéry Giscard d'Estaing, on oublie trop souvent que, pendant treize ans, cette "bouffonnerie tropicale" a été un règne ordinaire soutenu par la France. Plutôt que de mettre en scène un "roi nègre" en habits napoléoniens, il restait à démonter les ressorts et les appuis de cette tyrannie, à revenir sur un sacre co-organisé par la France, à rouvrir le dossier de "l'affaire des diamants" et à éclairer un passé riche en révélations scandaleuses.


    Géraldine Faes a été grand reporter à Jeune Afrique, puis rédactrice en chef de L'Autre Afrique. Depuis dix ans, elle a effectué de nombreux séjours en Centrafrique. En 1993, Géraldine Faes a obtenu l'interview exclusive de l'ex-empereur à sa sortie de prison.


    Stephen Smith est, depuis 1988, responsable Afrique de Libération. Il a déjà publié chez Calmann-Lévy La Guerre du cacao (avec Jean-Louis Gombeaud et Corinne Moutout, 1990), Somalie, la guerre perdue de l'humanitaire (1994), Ces Messieurs Afrique 1 et 2 (avec Antoine Glaser, 1994 et 1997), Oufkir, un destin marocain (1999).

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  • L´Afrique du Sud passe pour « le pays de Mandela ». Mais l´homme qui incarne le « miracle » politique en Afrique du Sud est si exceptionnel qu´il ne peut être représentatif d´un pays couturé des plaies de l´apartheid. Ce privilège ambigu revient à son ex-épouse, la « mère de la Nation » durant les décennies de combat, mais qui n´est finalement pas devenue la Première dame de la « nouvelle » Afrique du Sud, parce qu´elle s´est rendue coupable de crimes de sang à la tête du Mandela United Football Club, sa milice personnelle.  Peut-on combattre un système hideux comme l´apartheid, sans en emprunter des traits, sans embrasser la violence et la haine ? Voilà le fil conducteur de cette enquête biographique, riche en épisodes inédits, qui est aussi un retour sur le passé et une interrogation sur l´avenir de l´Afrique du Sud. Il s´agit ici de retracer une histoire extraordinaire, celle d´une fille du Transkei qui « monte » à Johannesburg, la Cité de l´or, où elle épouse en même temps que l´étoile montante de l´ANC, une lutte sans merci qu´elle devra mener seule. Durant les vingt-sept années que Nelson passera debout en prison, Winnie affronte l´apartheid au quotidien : elle est harcelée jour et nuit par la police, séparée de ses deux filles, torturée en prison, trahie par des « amis », assignée à résidence puis « bannie » au coeur du pays afrikaner, totalement isolée dans la « petite Sibérie » qu'est son exil intérieur. En dépit de toutes ses blessures intimes, c´est Winnie qui inspire la résistance contre l´ordre ségrégationniste, c´est elle - bien plus que l´ANC - qui est en phase avec les townships rebelles, d´abord avec la jeunesse de Soweto, en 1976, puis avec les ghettos du pays tout entier au milieu des années 1980. Cependant, à l´heure de la « libération » négociée, elle perd, outre ses postes dans le mouvement anti-apartheid arrivé au pouvoir, à la fois son mari et son honneur. Elle n´est plus qu´une icône abîmée. Et si c´était cela la vraie image de l´Afrique du Sud, le « pays de Mandela » qui se révèlera après la mort de Nelson ?

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  • La 1. SS-Panzerdivision Leibstandarte Adolf Hitler forme l'avant-garde de la 6. Panzerarmee de Sepp Dietrich sur le flanc nord de l'offensive allemande dans les Ardennes. Elle est divisée en Kampfgruppen, avec à sa tête le Kampfgruppe Peiper, dont les éléments blindés incluent le s. SS-Panzerabteilung 501, équipé de Königstiger. L'attaque est lancée le 16 décembre 1944 par un temps neigeux et glacial et, dès le début, le Kampfgruppe est en retard sur son planning.

    Il capture un dépôt de carburant à Büllingen, mais la défense américaine force Peiper à s'engager sur la Rollbahn D dont le tracé sinueux est difficile à négocier et, bientôt, le Kampfgruppe est étiré sur plus de 25 kilomètres, avec ses chars lourds qui perdent du terrain parce que, véhicule après véhicule, les Tiger II tombent en panne. S'avançant via Stavelot et Trois-Ponts, les éléments de tête du Kampfgruppe atteignent Stoumont avant que le manque de carburant - les Américains ont repris Stavelot et fermé la route de l'approvisionnement pour les Allemands (qui disposent de carburant en quantité à l'arrière) - et l'action des troupes américaines arrêtent Peiper à La Gleize. Six jours plus tard, à la veille de Noël, sans espoir et sans essence, Peiper et ses hommes abandonnent leurs véhicules et se replient vers leurs lignes : seulement 770 y parviennent. Ils laissent derrière eux 135 blindés, dont le Königstiger placé aujourd'hui devant le musée de La Gleize.

    Ils laissent aussi derrière eux les corps de prisonniers américains - à Malmedy, Ligneuville et Wereth - et de civils, dont le massacre conduira à des procès après-guerre.

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