François Mitterrand

  • «Je vous écris tandis que s'éteignent les dernières notes de notre "Alléluia". Souvent j'écoute ce chant. Il me parle de vous, Anne. Je pense qu'il vous ressemble, ou du moins, à une certaine Anne, la plus secrète, la plus vraie, la plus exigeante. J'aime que cette Anne-là existe. Pour l'atteindre il faut du silence et de la force. Ce n'est pas commode. Mais passionnant.».

    En 1962, un homme politique français de quarante-six ans rencontre à Hossegor une jeune fille de dix-neuf ans. Il lui écrira, jusqu'à la veille de sa mort, plus de mille lettres témoignant d'un amour secret et indéfectible. Ce recueil nous dévoile des aspects totalement inconnus de celui qui fut deux fois président de la République.

  • En 1962, un homme politique français de quarante-six ans rencontre à Hossegor, chez ses parents, une jeune fille de dix-neuf ans, Anne Pingeot. Une première lettre du 19 octobre 1962, adressée à cette jeune fille, sera suivie de 1217 autres lettres qui se déploieront, sans jamais perdre de leur intensité, jusqu'en 1995, à la veille de sa mort. Anne Pingeot, qui a vécu cachée et dans l'ombre de celui qui fut deux fois président de la République et qui avait jusqu'ici refusé de s'exprimer publiquement, a décidé de publier cette correspondance pour que soient révélés des aspects totalement inconnus d'un homme que chacun croyait connaître.

    D'abord, François Mitterrand lui fait respectueusement et longuement la cour, lui parlant de ses nombreuses lectures, de Camus à Jean Cocteau à propos de sa mort et dont il cite des vers de Plain-chant. Suivront des centaines de lettres amoureuses, mais aussi littéraires. François Mitterrand se fait aussi critique de cinéma ou de musique. C'est la vie quotidienne et amoureuse qui est dévoilée dans ces pages, celle d'un député de province toujours sur les routes, avec de nombreux portraits et anecdotes, ses rencontres politiques, celle d'un amant sensible, d'un père fasciné par sa fille Mazarine.

    Parmi des centaines d'autres, une lettre de 1970 témoigne de leurs relations : « C'est une vague de fond, mon amour, elle nous emporte, elle nous sépare, je crie, je crie, tu m'entends au travers du fracas, tu m'aimes, je suis désespérément à toi, mais déjà tu ne me vois plus, je ne sais plus où tu es, tout le malheur du monde est en moi, il faudrait mourir mais la mer fait de nous ce qu'elle veut. Oui, je suis désespéré. Le temps de reprendre souffle et pied ? ô mon amour de vie profonde j'ai pu mesurer un certain ordre des souffrances. Ce sera peut-être le seul mot tranquille de cette lettre : je t'aimerai jusqu'à la fin de moi, et si tu as raison de croire en Dieu, jusqu'à la fin des temps. » Il est extraordinaire que cet homme public fort occupé ait pu consacrer tant de temps à écrire presque chaque jour des lettres lyriques, toujours merveilleusement rédigées, douloureuses quelquefois, qui font deviner au lecteur que cette relation de plus de trente ans ne s'est pas passée sans heurts ni sans batailles.

    On peut y lire en creux le portrait d'une femme entière, sans concession.

    Jamais n'avait été dévoilée la vie privée et soigneusement dissimulée d'un chef d'état, un grand humaniste, qui montre ainsi encore plus son tempérament littéraire dans ce témoignage inédit d'une grande histoire d'amour.

  • Ce Journal de sept ans a été composé patiemment par François Mitterrand sur des blocs de correspondance qu'il remettait à son grand amour caché, Anne Pingeot, une fois terminés.

    Ce sont plus de 700 feuillets enluminés par des découpages de photographies, publicités, dessins et articles de journaux, entrelacés avec les commentaires manuscrits de l'auteur. François Mitterrand s'y dévoile autant dans son amour pour Anne que dans la construction et les méandres d'un grand esprit.

    Les juxtapositions sont passionnantes pour comprendre celui qui a eu toute sa vie la réputation d'être impénétrable. On voit d'abord ses stratégies pour peu à peu apparaître dans ces années comme une possible incarnation d'une gauche éparpillée. On apprend qui il fréquente, avec qui il dîne, ce qu'il pense des uns et des autres, ses stratégies, ses futurs discours, ses entretiens donnés à la presse puis soigneusement découpés et collés, agrémentés d'un commentaire.

    On est impressionné par ses choix incroyablement éclectiques d'images, placées ici ou là en illustration de ses propos. Il garde, comme Picasso, tickets de cinéma, d'entrées de musées, menus de restaurant, publicités de toute sorte qui viennent s'insérer dans ses phrases. On trouve de très nombreuses reproductions d'oeuvres d'art, vierges romanes ou bouddhas, photographies de stars de cinéma allant avec celles de martyrs de la guerre, aussi bien que des caricatures de lui-même, croquées par les plus grands dessinateurs de l'époque.

    Mais ce sont surtout des messages d'amour qui veulent associer le plus étroitement possible la femme aimée à sa trajectoire politique.

    François met Anne au courant de tout, la prend à témoin, se plaint quand il la sent lointaine, l'assure sans cesse de son amour.

    Le résultat est plastiquement fascinant, et on ne se lasse pas de feuilleter cet univers vif, aux contrastes appuyés, qui découvre un homme extrêmement visuel et plein d'humour.

    L'ensemble est un des documents les plus extraordinaires que l'on puisse donner à lire, d'une importance historique majeure. Jamais on n'avait pu pénétrer si profondément dans l'esprit de François Mitterrand et, à vrai dire, d'aucun président ou grand dirigeant du XXe siècle.

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  • Les Prisonniers de guerre devant la politique(1945) Texte introduit et annoté par Pierre Gaudibert À l'automne 1945, François Mitterrand, 29 ans à peine, publie Les prisonniers de guerre devant la politique.
    Dans ce livre-bilan il retrace, au sortir de la Guerre, l'histoire des prisonniers de guerre dans la captivité puis dans la Résistance. Dans cette histoire, il raconte aussi la sienne, son expérience de la captivité, son rôle dans la genèse et le développement de la résistance « P.G. » jusqu'à la Libération.
    C'est aussi un livre programmatique. La guerre terminée, se pose le problème du retour et de la réinsertion professionnelle et sociale des prisonniers rapatriés. Vice-président de la toute jeune Fédération nationale des prisonniers de guerre (F.N.C.P.G.) - dans laquelle s'est fondu le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (M.N.P.G.D.) qu'il présidait -, François Mitterrand trace des perspectives sur l'avenir et le rôle dans la Nation de la force que représentent les Prisonniers de guerre.
    L'enjeu est grand, cette force de près de deux millions d'hommes est en passe de devenir l'une des plus importantes du pays. François Mitterrand veut avec ses amis en rester à la tête. Il doit alors séduire et convaincre pour rassembler. C'est, entre les lignes, l'ambition de son livre. Un livre politique donc. Le premier.



    Aux frontières de l'Union Française (1953) Texte introduit et annoté par Jenny Raflik-Grenouilleau et Pierre Journoud La guerre d'Indochine dure depuis sept ans, le différend tunisien depuis deux ans, le Maroc réclame une réforme du statut de Protectorat. La France se doit de concilier la reconnaissance d'une évolution inévitable et le maintien de sa présence.
    Aux frontières de l'Union Française, partout où s'élabore un monde nouveau, notre pays doit agir en sorte de garder sa place. À ces vastes problèmes, M. François Mitterrand apporte des solutions hardies et raisonnables à la fois. Celles qu'il préconise pour la Tunisie et l'Indochine ne manqueront pas de provoquer des réactions, bien que l'auteur se soit gardé de toute polémique. Comme Clemenceau, qu'il cite en épigraphe, il s'est proposé de servir à la fois son pays et la vérité.



    Présence française et abandon (1957) Texte introduit et annoté par Jenny Raflik-Grenouilleau et Pierre Journoud Hanoï, Saïgon, Rabat, Tunis, capitales d'Etats indépendants, symbolisent le terme de la tragique aventure vécue par la France ces dix dernières années.
    Les gouvernements successifs, pour avoir voulu tout ignorer afin de tout maintenir, ont d'abord tout compromis pour tout perdre enfin.
    François Mitterrand fut intimement lié au déroulement des événements dont il fait dans cet ouvrage une lucide analyse.
    Les attitudes qu'il adopta comme membre du gouvernement (ne démissionna-t-il pas du gouvernement Laniel en raison de son désaccord sur la politique suivie alors en Afrique du Nord ?), les avertissements que député il ne cessa de prodiguer à la tribune de l'Assemblée, l'ouvrage qu'il écrivit sur ces problèmes en 1953, l'autorisent aujourd'hui à retracer et à analyser la succession des actes qui aboutirent aux résultats que l'on sait.
    Mais tandis que se jouaient les drames indochinois, marocain, tunisien, dans une autre partie de ce qui fut l'Empire français, en Afrique Noire, une expérience nouvelle était tentée.
    François Mitterrand, ministre de la France d'Outre-Mer en 1951, évoque les heures intenses du ralliement du R.D.A., le plus grand parti de masse africain. Il termine en affirmant la foi qu'il puise dans cet exemple pour l'avenir d'une communauté franco-africaine.



    La Chine au défi (1961) Texte introduit et annoté par Judith Bonnin Reprise de cinq articles publiés dans l'Express entre février et avril 1961, La Chine au défi est un ouvrage atypique du corpus mitterrandien. Elle en est l'unique récit de voyage et l'une des pièces les plus méconnues, sans doute parce que, prise en étau entre Le Coup d'État permanent et ses chroniques, elle ne contient pas une ligne sur la politique française mais un tableau de la Chine populaire en pleine mutation révolutionnaire.
    À l'hiver 1961, la propagande de guerre froide fait rage et ce pays est encore largement fermé au monde. Depuis la rupture des relations diplomatiques franco-chinoises en 1953, le voyage en Chine reste le privilège de quelques personnalités invitées par l'Institut du peuple chinois pour les Affaires étrangères : des intellectuels comme Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre et quelques hommes politiques comme Edgar et Lucie Faure, Roland Dumas et Pierre Mendès-France. Les témoignages de première main sont donc des sources d'information précieuses et celui-ci vient notamment éclairer la polémique occidentale sur l'existence et l'ampleur de la famine en Chine, conséquence du « Grand Bond en avant » lancé en 1958.
    Alors sénateur de la Nièvre, François Mitterrand parcourt la Chine pendant trois semaines avec François de Grossouvre, découvrant tant Pékin, que Canton ou Hong-Kong, la Chine agricole du Zhenjiang et la Chine industrielle des combinats de Wuhan et Anshan. Surtout, il rencontre diverses personnalités, dont Mao Zedong à Hankou, entretien qu'il mobilisera ensuite à plusieurs reprises.

  • Le Coup d'État permanent (1964) Texte introduit et annoté par Jean Vigreux Paru au printemps 1964, Le Coup d'État permanent est un pamphlet écrit par François Mitterrand. Ce livre sans doute le plus cité et le plus connu de son oeuvre souligne sa stature d'opposant résolu au général de Gaulle : Le Coup d'État permanent est une véritable plaidoirie à charge contre l'exercice du pouvoir gaulliste. Il ausculte et dissèque le fonctionnement du « pouvoir personnel » et n'hésite pas à recourir aux formules sévères pour dénoncer les dérives autoritaires, voire dictatoriales du régime (« de Gaulle plus la police », « parce que, tout compte fait, c'est à cela [dictature] qu'il ressemble le plus »). Face à cette dérive, il incarne la défense républicaine, mais n'est pas nostalgique du régime précédent.
    Avec ce pamphlet, il marque son territoire à gauche, préparant le chemin de 1965 où il mettra le général de Gaulle en ballotage ayant compris la logique bipolaire des institutions. Dorénavant, il prend date avec l'histoire de la République. Toutefois, ce n'est qu'en 1981 qu'il devient le premier Président socialiste élu au suffrage universel après avoir refondé le parti en 1971 et mis en oeuvre l'union de la gauche. Revêtant à merveille les habits du Président de la Ve République, il montre qu'il s'opposait plus à de Gaulle qu'aux institutions.



    Ma part de vérité (1969) Texte introduit et annoté par Georges Saunier Candidat à la Présidence de la République contre le Général de Gaulle, en face de qui il a réuni 45% des voix au second tour en 1965, puis leader de la Fédération, François Mitterrand incarne une option bien définie : l'unité de la gauche, celle-là même dont l'abandon vient de se solder le 1er juin par un échec retentissant.
    S'il publie aujourd'hui sa Part de vérité, c'est qu'il faut reconstruire cette gauche en miettes. Pour cela, il s'agit de ne plus en laisser paralyser le renouvellement et donc de poser publiquement les problèmes comme ils se présentent, bref d'informer et non plus d'escamoter ou de voiler la réalité.
    Livre de combat, où se retrouve la marque de l'auteur du Coup d'État permanent, qui n'a voulu écarter aucune question gênante ou difficile, cet ouvrage veut aussi être constructif. C'est pourquoi les lecteurs, après avoir parcouru les grandes étapes d'une autobiographie politique leur présentant sur un ton qui surprendra certains, l'homme qu'est François Mitterrand, trouveront un récit sans temps morts ni trop de précautions des principales phases de l'histoire de la gauche depuis 1965 : l'espoir levé par la première élection présidentielle, la tentative de la Fédération, Mai 1968, l'échec de la seconde élection présidentielle. Autant d'occasions d'aborder de front des questions épineuses comme les relations avec les communistes, le programme économique de la gauche, le vieillissement de certaines de ses structures, de quelques uns de ses thèmes. Autant d'incitations à déboucher sur la stratégie et sur les perspectives socialistes que François Mitterrand propose pour terminer. Autant sans doute de risques de déclencher des polémiques, mais aussi de susciter des débats indispensables ; les lecteurs comprendront vite que l'ancien candidat à la Présidence de la République est tout prêt à affronter les premières pour lancer les seconds.



    Un socialisme du possible (1971) Texte introduit et annoté par Pierre-Emmanuel Guigo Un socialisme du possible est (avec Ma Part de vérité) un maillon souvent ignoré qui permet pourtant de comprendre le passage du François Mitterrand leader de l'Union de la Gauche au rénovateur du PS après Mai 1968. Marginalisé par ce mouvement spontané, il tente ici de se réapproprier une partie de l'effervescence intellectuelle du moment et trace la voie à l'union des socialistes puis de la gauche. Loin de voir marginaliser le socialisme historique, il entend montrer que la conciliation entre ce que l'on appellera la «deuxième gauche» et la tradition socialiste issue de la SFIO est nécessaire pour arriver au pouvoir. Il entend ainsi se réaffirmer comme le seul leader capable d'unifier cette mouvance, à l'heure où la SFIO a réalisé son plus mauvais score électoral (5,1% des voix à la présidentielle de 1969) depuis ses origines, et le PSU ne parvient pas à s'imposer comme une alternative crédible.
    L'ouvrage, contrairement à Ma part de vérité, n'est pas une oeuvre littéraire. Il s'agit d'un programme politique, introduit par un dialogue entre le leader de la Convention des Institutions Républicaines et deux interrogateurs proches de la mouvance intellectuelle issue de mai 1968 (Jacques Julliard et Robert Fossaert). Il entend donc montrer la capacité de son parti à gouverner tout en soulignant sa cohérence avec le renouvellement de la pensée de gauche (autogestion, libération des femmes, etc.).

  • La Rose au poing, Ici et maintenant La Rose au poing (1973). Cet ouvrage est le premier de François Mitterrand en tant que Premier secrétaire du Parti Socialiste. Il a deux buts principaux. Le premier est d'affermir pour son auteur une stature de leader du socialisme. Le second est de prouver que le Ps est désormais un parti de gouvernement et le seul défenseur de la liberté Ici et maintenant (1980) . En introduction de Ici et maintenant, François Mitterrand avertit le lecteur : ce livre « n'est pas un manifeste » mais un ouvrage de réflexions, celles-ci n'engagent que lui et non le parti. Mais clairement, le candidat socialiste cherche ici, à sa manière, à entrer en campagne.

  • La Paille et le Grain, paru au début de l'année 1975 chez Flammarion, rassemble des textes de François Mitterrand, issus essentiellement des chroniques pour l'hebdomadaire socialiste L'Unité, écrits entre son accession à la tête du Parti socialiste au congrès d'Épinay en juin 1971 et sa défaite de justesse à l'élection présidentielle de mai 1974.
    Document historique, l'ouvrage permet de suivre la réaffirmation du leadership de François Mitterrand sur la gauche française.
    Il y apparaît en effet comme un opposant combatif, polémiquant avec la droite au pouvoir, et comme un rassembleur négociant âprement le Programme commun avec le Parti communiste.
    Il se présente également comme homme d'État, revenant sur sa relation avec de Gaulle, réagissant aux événements internationaux (la « normalisation » en Tchécoslovaquie, le coup d'État au Chili, la guerre du Kippour.), narrant ses rencontres avec des chefs d'État ou leaders étrangers (Olof Palme, Golda Meir, Ceausescu.).
    Mais le succès public et critique de l'ouvrage tint aussi à ses qualités littéraires, qui lui valurent un Apostrophes spécial en février 1975, et à la révélation d'une part d'intimité. Au gré des pages, quand l'actualité lui en laisse le temps, la plume de François Mitterrand se fait à la fois plus personnelle et plus « poétique », pour évoquer ses amitiés avec les écrivains Violet Trefusis, Benoîte Groult ou Claude Manceron, son goût pour les atlas ou ses promenades en forêt dans les Landes ou le Morvan.
    L'Abeille et l'architecte. Un curieux titre pour un ouvrage insolite, publié en 1978 chez Flammarion, qui s'inscrit dans une filiation directe avec La Paille et le Grain (1975).
    Titre curieux car il s'inspire d'un célèbre passage du Capital de Karl Marx.
    D'architecte comme d'abeille nulle trace pourtant dans ce livre. Quant aux références au philosophe ou au marxisme, elles sont anodines.
    Ouvrage insolite parce qu'il rassemble des textes pour la plupart tirés de Ma part de vérité, bloc-notes que le premier secrétaire signe régulièrement dans les colonnes de L'Unité, l'hebdomadaire du Parti socialiste. Des billets, écrits entre janvier 1975 et janvier 1978 sous le joug de l'actualité, que François Mitterrand sélectionnera, rectifiera, enrichir consciencieusement avant de les livrer au-delà du cercle de connivence des simples militants. Insolite aussi parce l'auteur navigue sans cesse entre plusieurs genres littéraires, entre différentes postures. Il se fait ainsi homme politique lorsqu'il critique l'action du gouvernement ou promeut le programme du PS ; homme d'État lorsqu'il raconte ses rencontres avec Leonid Brejnev ou Henry Kissinger ; homme engagé lorsqu'il dénonce le sort des étrangers sans papiers ou défend le « fait palestinien » ; homme de culture lorsqu'il évoque le poète Pablo Neruda ou le compositeur Mikis Théodorakis ;
    Homme sensible enfin lorsqu'il livre ses souvenirs de jeunesse comme ses amitiés.

  • « Entre de Gaulle et les républicains il y a d'abord, il y aura toujours le coup d'État. » Toute la thèse de François Mitterand tient dans cette courte phrase.
    Paru en mai 1964, Le Coup d'État permanent est un livre de combat. Mitterand veut « s'attaquer au gaullisme », et c'est avec un sens aiguisé de la formule qu'il dresse un réquisitoire minutieux et féroce contre le régime du Général. Il dissèque chacun des actes du gouvernement, dénonce le « pouvoir personnel » instauré par de Gaulle depuis son retour aux affaires en 1958, engage à une vigilance républicaine de tous les instants contre tous les pouvoirs.
    Avec ce livre, Mitterand fait franchir à son combat une nouvelle étape : en choisissant l'arme littéraire pour affronter le Général, il prend à son tour date avec l'Histoire, ayant l'intuition que son propre destin doit passer par une opposition encore plus irréductible au gaullisme, quitte à en caricaturer la présentation de façon à susciter le débat.
    Devenu, dix-sept ans plus tard, président de la Ve République, François Mitterand jugera inutile de « continuer de promener une polémique qui appartient à l'histoire ». Il n'en considérait pas moins ce Coup comme son meilleur ouvrage.

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  • " Lorsque le mandat s'achève, que l'oeuvre s'accomplit, et qu'avec l'âge l'horizon se rapproche, le besoin naît, souvent, de rassembler des pensées éparses et de confier à l'écriture le soin d'ordonner sa vie.
    Arrivé là où j'en suis, j'éprouve, moi aussi, maintenant, la nécessité de dire, en quelques mots trop longtemps contenus, ce qui m'importe. Tel est l'objet de ce livre. C'est pourquoi j'ai entrepris avec Elie Wiesel ce travail de mémoire. "

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  • " L'histoire de la France me possédait, j'aimais ses héros, ses fastes, et les grandes idées venues d'elle qui avaient soulevé le monde.
    J'avais la conviction, depuis l'enfance, que j'aurais à la continuer. J'ai parfois évoqué, avec mes compagnons de captivité, cette voix qui exigeait l'effort. Il nous suffisait qu'il y eût, là-bas, un général inconnu, au nom prédestiné, qui parlait à la France. Voilà pourquoi, moi qui n'ai jamais été gaulliste, je n'ai jamais été non plus "anti" : en souvenir de ces heures sombres où de Gaulle portait l'espoir.
    J'éprouvais une profonde admiration pour le caractère, le courage, l'intelligence du chef de la France libre même si je contestais ses méthodes avant de combattre sa politique. F.M. Il y a un demi-siècle, l'histoire personnelle de François Mitterrand a rencontré l'histoire de la France. Jusqu'à la fin, il aura poursuivi son dialogue avec elle. C'est à un demi-siècle de luttes et de rêves que ce livre est consacré - oeuvre que la mort a interrompue.

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  • "Je rêve à la prédestination de l'Allemagne et de la France, que la géographie et leur vieille rivalité désignent pour donner le signal de l'Europe.
    Si elles ont gardé en elles le meilleur de ce que je n'hésite pas à nommer leur instinct de grandeur, elles comprendront qu'il s'agit là d'un projet digne d'elles. Elles auront d'abord à s'en convaincre. La France toujours tentée par le repli sur soi et l'illusion épique de la gloire dans la solitude, l'Allemagne toujours hésitante entre ses vocations, soit nation arrimée à l'union de l'Europe, soit héritière, sans le dire, d'ambitions impériales.
    On me dira: c'est une utopie ! Mais qu'est-ce qu'une utopie ? Ou bien c'est une absurdité, et le temps se chargera de nous répondre. Ou bien ce n'est que l'anticipation d'un nouvel état possible. Si se produit un sursaut des volontés, en ce moment unique où tout est possible en Europe, alors l'utopie sera réalité. Et beaucoup d'entre vous la connaîtront. " F.M. Au-delà de la leçon d'Histoire, au-delà de l'essai politique, ce livre est le témoignage émouvant d'un homme habité par le destin de son pays, instruit par les guerres qui l'ont déchiré, déterminé à construire une Europe ouverte et sûre d'elle-même, capable de faire l'Histoire au lieu de la subir.

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  • Ce livre est composé de neuf textes, certains inédits, les autres mal connus, qui correspondent à autant d'interventions publiques ou privées prononcées par François Mitterrand de 1993 à 1995.

    Le Président lutte contre la maladie, il sait que la mort est proche, il a décidé d'aller jusqu'au bout de son mandat. C'est alors qu'il entreprend une " tournée des adieux " pour remercier et encourager à l'action tous ceux qui l'ont soutenu depuis le premier septennat: ses amis socialistes, ceux qui ont assumé des responsabilités publiques depuis 1981, le peuple de gauche, certains chefs d'Etat étrangers, etc. Nulle nostalgie dans tout cela, mais beaucoup d'émotion. Jamais d'apitoiement, mais la conviction que l'histoire reconnaîtra l'oeuvre accomplie. Ce n'est pas un vieil homme affaibli qui prend congé, mais l'incarnation d'un certain génie français qui désigne d'un geste assuré et affectueux le chemin qu'il faudra arpenter pour relever les défis de demain: la construction européenne, la défense des conquêtes sociales, la solidarité entre générations notamment.

    Préface de Roland Dumas.

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  • La politique extérieure de la France s'ordonne autour de quelques idées simples: l'indépendance nationale, l'équilibre des blocs militaires dans le monde, la construction de l'Europe, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, le développement des pays pauvres. Les textes réunis dans ce livre en feront apparaître la trame et la raison des choix qu'elles ont inspirés. On y relèvera à la fois la trace continue du sillon, creusé par le destin bientôt millénaire de la plus ancienne nation d'Europe, et la marque particulière qu'imprime à la vie d'un peuple celui qui le conduit.J'ai rencontré sur ce terrain, depuis le premier jour, l'adhésion du plus grand nombre des Français. On sait pourtant que la place que notre pays occupe dans le monde est mieux reconnue à l'extérieur de nos frontières qu'au dedans. C'est une constante de notre Histoire. Certains de nos compatriotes qu'habite une passion singulière, se sentent Espagnols ou brûlent pour l'Angleterre en oubliant d'être Français. D'autres plantent leurs oriflammes et campent à jamais sur des lignes Maginot où se terre, pour survivre, une patrie imaginaire. Dédaignons les collaborateurs. Négligeons les moines ligueurs. J'attache, en revanche, de l'importance aux observations de mes censeurs quand je sens qu'ils cherchent, comme moi, en passant par d'autres chemins, comment le mieux servir l'intérêt national. Bref, mes contradicteurs, lorsqu'ils sont sérieux, m'intéressent. Ils me permettront cependant de leur dire que je les vois trop souvent chausser des verres grossissants pour isoler un fait de ceux qui le précèdent et de ceux qui le suivent, au point de se priver de toute vue d'ensemble. Je souhaite, par ces textes, les convaincre de l'unité d'une démarche qui exprime de bout en bout l'ambition que, d'instinct, de passion, de raison je nourris pour la France. F.M.

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  • Ici et maintenant

    François Mitterrand

    • Fayard
    • 5 Novembre 1980

    " Etre d'accord avec soi-même, je ne connais pas meilleur bulletin de santé ". Le François Mitterrand d'Ici et maintenant tient tout entier dans cette affirmation tranquille. Trois ans après la rupture de l'union de la gauche, à quelques mois d'une nouvelle élection présidentielle, il fournit ses clés pour comprendre, savoir où il en est et où il veut aller. " Je fais partie, dit-il, du paysage de la France ". Il n'a pas l'intention d'en sortir.

    Document pour l'histoire, événement politique pour la rentrée, ce livre brosse le tableau de la France de l'Etat-Giscard et d'un monde malade du couple infernal dollar-pétrole. Reste à se battre, ici et maintenant, pour faire entrer l'air du dehors, maîtriser le progrès et vivre autrement.

    Une série de conversations avec Guy Claisse au cours de l'été 1980 a donné naissance à un texte auquel François Mitterrand a apporté, avec tout son talent d'écrivain, une haute qualité littéraire.

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  • Politique

    François Mitterrand

    • Fayard
    • 13 Septembre 1977
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  • Politique 2

    François Mitterrand

    • Fayard
    • 9 Décembre 1981

    L'idée de ce livre appartient à l'éditeur, et à lui seul, _ il en fut de même pour Politique 1.

    Je lui laisse la responsabilité des titres, du découpage, des transitions, des commentaires, des références.

    Pour le reste, ce livre n'a qu'un seul auteur, celui qui signe ces lignes.
    François Mitterrand

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  • Au cours du voyage d'étude qu'il a récemment effectué en Chine, François Mitterrand a pu s'entretenir avec les principaux dirigeants de Pékin. Ils lui ont parlé très librement de tous les problèmes qui se posent à leur pays, à l'intérieur et à l'extérieur. François Mitterrand a eu, en particulier, la possibilité de longuement s'entretenir avec l'homme qui domine l'histoire chinoise contemporaine : Mao Tsé-toung. Ainsi la relation de ce voyage, publiée aujourd'hui, établit-elle en pleine clarté, et avec les nuances indispensables à qui veut comprendre une histoire en train de se faire, tout ce que l'on veut savoir des rapports de la Chine avec le « tiers monde », avec les États-Unis et avec Moscou. Nourrie par une observation intelligente et concrète, animée d'aperçus sympathiques mais lucides, cette étude, faite « sur le vif », nous donne également à comprendre comment le plus vaste et le plus mystérieux pays du monde, en accomplissant sa révolution politique, économique et sociale, travaille à prendre sa place - l'une des premières - dans l'avenir du monde sans pourtant renoncer à ses trois mille ans d'histoire et de civilisation.

  • "Les éditions sonores Frémeaux & Associés ont pris l'heureuse initiative, à l'occasion du dixième anniversaire de la disparition de François Mitterrand, de réunir dans un coffret de trois CDs une sélection des plus importants discours de l'ancien Président de la République. L'Institut François Mitterrand s'est volontiers associé à ce projet. Au cours de ses deux septennats, le Président de la République aura prononcé plus de deux milles discours, totalisant un millier d'heures d'enregistrement. Comment rendre compte de cette richesse ? Nous avons sélectionné ses plus importantes rencontres sur la scène internationale - au Bundestag, à la Knesset, à La Baule, devant l'Assemblée générale des Nations unies, etc. -, ses grands discours de politique intérieure - sur les questions économiques et sociales, la culture, etc. - ainsi que certaines prises de parole moins connues. L'auditeur ou l'auditrice trouvera donc rassemblés ici cinquante-trois extraits de discours et allocutions prononcés par François Mitterrand, aussi bien en France qu'à l'étranger, depuis son entrée en fonction le 21 mai 1981 jusqu'à son discours du 8 mai 1995 à Berlin à l'occasion du cinquantième anniversaire de la fin de la guerre en Europe. Nul doute qu'il (elle) ressente l'émotion qu'a toujours su faire passer cette grande voix et qui est déjà pour nous, vingt cinq ans après, le souffle de l'histoire."
    Hubert VEDRINE, Président de l'Institut François Mitterrand

  • " Ceux de mes ancêtres dont je porte le nom étaient bourgeois de Bourges. Notre généalogie, peut-être complaisante, prétend les suivre à la trace jusqu'aux brouillards du Moyen Age. Deux d'entre eux furent prévôts de la ville au temps du roi de Bourges. Des autres on ne sait rien qui vaille d'être noté, sinon qu'ils vécurent, de génération en génération, là où ils étaient nés, entre Cher et Auron. A ma connaissance, ils ne prirent femme que dans trois provinces: le Poitou, le Limousin et naturellement le Berri. Mon père, le premier à quitter le pays, se maria en Saintonge. Ces Français de pleine terre n'étaient pas de juste milieu. Catholiques, ils priaient le Christ aux bras levés du jansénisme. Incroyants, ils militaient pour la déesse Raison. Etaient-ils excessifsoe Ce mot n'est pas berrichon. Ils aimaient l'absolu. Ça et là, leurs filles épousaient des fils de petite noblesse ou bien des paysans des environs. Ce qui explique qu'il y ait beaucoup de Mitterrand en Berri. Mais il n'y a de Mitterrand que du Berri. Ce nom de famille est lui-même du terroir. Il signifie pour certains des miens qui préfèrent la poésie à la philologie " milieu des terres " et un champ qui se trouve, en effet, au centre géographique de la France, près de Bruère-Allichamp, s'appelle le champ des Mitterrand. Mais la philologie se venge et révèle avec Albert Dauzat que le mitterrand était un mesureur de grains, modeste profession qui s'exerçait dans les foires... " François Mitterrand.

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