• « Si quelqu'un m'a vu ici, il racontera peut-être un homme en train de courir après une pauvre feuille de papier que le vent s'amuse à exiler. Je les ramasse toutes. Je les déchire minutieusement, et j'en garde un petit fragment. Un lambeau étroit comme une île, où je peux écrire quelques mots.
    Ce que je vois, ce que j'ai devant moi, ce que mes yeux attrapent, ce qu'il me reste entre les dents. Des petites phrases.
    J'écris debout.
    Il n'y a pas de détails, il n'y a que des preuves. J'en ai les poches pleines. ».

    Dans un roman à l'écriture fulgurante, Hélios Azoulay raconte le destin d'un musicien juif qui, dans l'impossibilité de composer, se réfugie dans l'écriture pour résister à l'horreur de la déportation. En mêlant la pudeur au burlesque, le délire au souvenir, l'effrayante réalité à une poésie qui refuse d'arrondir les angles, l'auteur tisse la vie d'un artiste trimballé par l'Histoire, mais qui ne renoncera jamais à rester un homme.

  • « Ce n'est pas une autobiographie. C'est ma vie réenchantée, rapiécée, réparée, dédommagée par le rêve, l'amour, le rire.
    J'ai écrit sans reculer. Sur mon enfance. Elle devait être mûre.
    Et tout le monde m'a rendu visite. Tous les fantômes.
    Tous, tels qu'ils étaient avant. En mieux comme en pire. Plus fous, plus drôles, plus terribles, plus perdus, plus cruels. Ceux qui m'ont sauvé et ceux qui ne m'ont pas sauvé... Mon père et sa mort. Mon grand-père et son amour. Mon oncle et son psychiatre. Ma mère et sa collection de cactus. Sans compter le cheptel de camés et d'emmerdes avec les flics.
    Ce livre, c'est moi, gamin, dans une barque sur l'océan. J'avais un grand sourire, les dents de travers, et pas les moyens d'avoir un appareil.
    J'ai été un enfant heureux dans une enfance malheureuse.
    Il a fallu attendre quarante ans avant de m'autoriser à écrire, à me revivre, avant de pouvoir gueuler : Moi aussi j'ai vécu. »

    Sur commande
  • De la musique classique, du jazz, mais aussi des musiques traditionnelles (japonaise, pygmée, gabonaise, etc.), Hélios Azoulay ramasse en quelque sorte les débris, les arrange à son goût pour envisager l'Histoire non comme une succession rigoureuse de faits qui s'enchaînent logiquement, mais au contraire comme une enthousiasmante lecture transversale et décomplexée. La musique là où on ne l'attend pas (en prison, dans les camps de concentration...), la musique silencieuse, la musique des esclaves, la musique et l'espionnage, les instruments musicaux maltraités: ce sont mille histoires et faits qui se répondent, dialoguent ou se télescopent. Tout s'entrechoque!

  • Une cinquantaine de scandales artistiques des XIXe et XXe siècles : la bataille d'Hernani, le tohu-bohu qui accueillit la représentation d'«Ubu roi»de Jarry ou Le sacre du printemps de Stravinski, la violence des détracteurs des«Paravents»de J. Genet, les toiles lacérées de Dali lors de la projection de L'âge d'or, l'emprisonnement d'Erik Satie, etc.

    Une collection étourdissante de fiascos ! Au concert comme à l'opéra, au théâtre comme au cinéma, des scandales et encore des scandales.
    Des banquettes prêtes à voler sur la scène, des loges vociférantes et tendant les poings, des insultes à en rougir, des coups de feu qui vous feront sursauter, des gifles sonores, des spectateurs déchaînés, des mélomanes qui aboient, des imbéciles effroyables, des têtes couronnées, des lieux superbes, des cabales sordides, des hurlements de rage, des révolutionnaires, de l'extravagance, du génie, des mots d'esprit, du sang, Le Sacre du printemps, La Brebis égarée, Les Paravents, Pelléas et Mélisande, Richard Wagner, Arthur Cravan, Arnold Schönberg, Jean Cocteau, Luis Bunuel, Satie, Debord, Goethe, Welles, Hugo, Dada.
    Et un aveu historique de l'auteur.

    Sur commande
  • Ce livre est l'histoire inimaginable des musiques nées dans l'enfer des camps nazis.

    On y rencontre des femmes, des hommes et des enfants au bord d'un abîme d'où la musique a surgi, leur donnant parfois la force de vivre ou de résister.

    À l'opposé, il y a les SS trahissant la musique et l'utilisant pour anéantir plus encore.

    Ce récit sensible et émouvant ressuscite pour la première fois un aspect méconnu de l'histoire de la Shoah. Et comme la musique est le chemin le plus pur de l'âme au coeur, on ressort bouleversé de cette lecture.

    Un CD de l'Ensemble de musique incidentale accompagne cet ouvrage. En annexe, un chef-d'oeuvre inédit de Viktor Ullmann écrit en déportation.

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