• Ce volume consacré à l'oeuvre socio-anthropologique de Louis-Vincent Thomas (1922-1994) regroupe des textes qui s'échelonnent sur une vingtaine d'années de recherches transdisciplinaires et complémentaristes (1973-1994). Convaincu que «?penser veut dire franchir?», Louis-Vincent Thomas n'a jamais hésité à transgresser les cloisonnements disciplinaires, à récuser les «?collectifs de pensée?» dogmatiques qui régissent la recherche universitaire, à s'aventurer également, au-delà des frontières reconnues, dans les labyrinthes des multiples univers?- réels, imaginaires, symboliques?- qui constituent l'horizon de l'anthropologie. Louis-Vincent Thomas s'intéressait non seulement à l'humain proprement dit, dans toute son universalité, sa diversité et ses contradictions, mais aussi à l'inhumain, au non-humain, à l'infra-humain, au supra-humain et au para-humain?- horizons de sens qui enveloppent toujours l'humain dans toutes les sociétés, y compris celles qui se disent «?développées?».

  • Notre société vit dans le déni de la mort. Cette loi non écrite, découverte et formulée seulement dans les années 1950-1960 par des sociologues et des historiens, est à la base de ce livre, premier essai de Louis-Vincent Thomas à traiter de front, sans fard, notre rapport actuel à la mort : la mort et ses usages, la mort subie ou provoquée, montrée ou cachée, la mort manipulée, la mort au quotidien ou dans les hôpitaux, la mort dans les malaises sociaux, en politique, en médecine ou en justice. La mort partout, même si l'on ne veut pas en parler. La mort, enfin, puissante en tant qu'elle est angoisse, horreur, moyen de chantage ou d'évasion, et de ce fait à l'origine de tout pouvoir et de toute vie sociale.

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  • Le rituel funéraire est vécu comme devant servir symboliquement le mort; c'est un hommage qui lui est dû, un cérémonial indispensable à l'accomplissement d'un devenir post mortem qui le fera échapper au néant. La réalité est beaucoup plus complexe. Même si le défunt est toujours le point d'appui des pratiques, le rituel ne prend en compte qu'un seul destinataire: l'homme vivant, individu ou communauté. Sa fonction fondamentale est d'ordre thérapeutique: guérir ou prévenir l'angoisse de ceux qui survivent en négociant, par le biais du symbole, le non-sens de la mort. Cette fonction revêt de multiples visages: rassurer, déculpabiliser, réconforter, revitaliser...

    A ce titre, le rituel funéraire aurait une importance vitale. Il est peut-être urgent d'en limiter l'appauvrissement ou de le réinventer.

    Louis-Vincent Thomas, né en 1922, professeur à l'université de Paris V _ Sorbonne, est décédé en 1994.

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  • Confronté à un environnement souvent hostile dont il est étroitement dépendant, l'Africain vit en familiarité avec la mort. À défaut d'outils et de techniques pour pallier le risque permanent de mourir de faim ou de maladie, sa culture lui fournit une exceptionnelle disposition à manier les symboles pour transcender l'angoisse de la précarité. La mort individuelle n'est qu'un moment du cycle vital : elle ne saurait porter atteinte à la continuité de la vie car elle en est la condition implicite. Cette signification particulière donnée à la mort est attestée par les mythes.

  • Louis-Vincent Thomas (1922-1994) a été professeur à la faculté des lettres et sciences humaines à l'Université de Dakar de 1958 à 1968 et professeur de sociologie et d'anthropologie à la Sorbonne jusqu'à sa retraite en 1988. Membre fondateur puis président de la Société française de thanatologie, il s'est imposé comme la référence incontestée de l'anthropologie de la mort. Il laisse en effet une oeuvre considérable sur les rites et cultes mortuaires, les attitudes face au cadavre, les conduites de deuil, les rapports avec la mort et les morts, les imaginaires thanatiques, les mythes et les fantasmes eschatologiques. Publiés en 1968 à Dakar par la faculté des lettres et sciences humaines, ces Cinq essais sur la mort africaine constituent l'ouvrage classique de l'ethnothanatologie. Ils offrent par ailleurs une magistrale synthèse sur les croyances religieuses, les cosmogonies et les ontologies de l'Afrique traditionnelle. Grâce à sa longue familiarité avec les cultures africaines, Louis-Vincent Thomas y restitue la diversité des ethnies et des coutumes, les interactions entre les vivants et les morts, les obligations envers les défunts, les rapports avec les ancêtres. Ce livre est donc fondamental autant par son apport sur les questions de la mort et de ses représentations, que pour son érudition concernant les cultures et ethnies africaines. Il reste à ce titre d'une grande actualité. Cet ouvrage désormais réédité en France est présenté par Jean- Marie Brohm, Professeur émérite de sociologie à l'Université Montpellier III-Paul Valéry.

  • Un vif contraste s'établit entre les sociétés précapitalistes oú la mort et les morts sont à leur place et les sociétés modernes d'occident orientées vers la rentabilité et le profit, qui les rejettent.
    Le pouvoir de l'homme sur lui-même (avortement, euthanasie, suicide et peine de mort), la violence sous toutes ses formes (guerres, accidents de travail et de circulation, tortures, écocides et zoocides), l'accroissement de la durée de vie qui pose avec acuité le problème angoissant des vieillards. suffisent pour caractériser une société mortifère, la nôtre, oú le déni de mort reste pourtant souverain.
    L'étendue des domaines oú la mort s'impose, la pluralité de ses moments, la diversité des attitudes qu'elle suscite, la richesse des fantasmes qu'elle élabore nous introduisent au coeur même de l'anthropologie.

  • Mieux vaut parler de la mort que la laisser parler à notre place.
    A ce propos ce livre opère un long parcours. il dit tout d'abord comment former une thanatologie, et de quelle manière l'homme désormais tente de gérer une mort à la fois perdue et redécouverte. il nous fait assister à la mort figurée de la photographie au cinéma et à la mort théâtralisée, celle de la marionnette ou du rituel symbolique.
    Il nous rappelle que cette mort qui se lit dans les livres, bien que scandale par excellence, peut devenir l'ultime stratégie de la vie.
    Et pourtant, qu'y a-t-il de plus horrible que la mort subite du nourrisson ou la mort lente du vieillard qui n'en finit plus d'en finir ?
    A quoi s'ajoute, de nos jours, l'angoisse du sidéen ! puis le livre bascule et devient témoignage : éprouvé par un deuil cruel, il s'agit pour l'auteur de maintenir en vie l'être aimé par la liturgie du souvenir. tant il est vrai que si l'on traite de la mort avec des concepts et des phrases, on peut aussi l'écrire en lettres de chair et de sang : là réside sa vérité.

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  • L'ouvrage de louis-vincent thomas est une étude exhaustive des différents aspects de l'anthropologie de la mort : pratiques funéraires, imaginaires de l'au-delà, rites de deuil, traitements du cadavre, croyances scatologiques.
    La mort comme fondement culturel des civilisations est ici envisagée d'un triple point de vue : a) la mort est source de vie, de renaissance et de renouvellement. en tant que telle, elle est inséparable de la sexualité ; b) la mort en occident, avec ses représentations collectives, ses ritualités et surtout ses refoulements machistes, s'oppose à la mort africaine avec sa spiritualité créatrice, ses forces d'intégration, son culte des ancêtres ; c) les réalités ordinaires de la mort, banales et quotidiennes, ne peuvent se comprendre qu'en liaison avec les réalités extraordinaires, fantasmatiques, voire surnaturelles de l'" inquiétante étrangeté de la mort " : vampirisme, satanisme, cannibalisme, réincarnation, décorporation, états de mort imminente, réalités que l'on rencontre à la fois dans les croyances et les mythologies de nombreuses cultures mais également dans les récits de fiction, notamment de science-fiction.

    L'accélération de ces fantasmes, obsessions et scénarios imaginaires dans l'univers de la science-fiction est une des originalités du livre de louis-vincent thomas, qui montre dans une perspective ethnopsychanalytique les relations entre les fantasmes archaïques et les récits futuristes, entre les rites africains et les pratiques occidentales. louis-vincent thomas aborde également le vaste domaine de l'anthropologie du corps.
    Cet ouvrage est aussi une incitation à une nouvelle éthique de la mort, où le droit de vivre humainement s'accompagne du droit de mourir avec dignité dans une société qui tend de plus en plus à médicaliser, à déshumaniser et à déritualiser la mort.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La mort

    Louis-Vincent Thomas

    Fondée en 1941 par Paul Angoulvent, traduite en 40 langues, diffusée pour les éditions françaises à plus de 160 millions d'exemplaires, la collection " Que sais-je ? ", est aujourd'hui l'une des plus grandes bases de données internationales construite, pour le grand public, par des spécialistes.
    La politique d'auteurs, la régularité des rééditions, l'ouverture aux nouvelles disciplines et aux nouveaux savoirs, l'universailité des sujets traités et le pluralisme des approches constituent un réseau d'informations et de connaissance bien adapté aux exigences de la culture contemporaine.

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  • Le Sénégal. Admirer les façades coloniales de Saint-Louis, explorer le delta du Saloum en pirogue, acheter des amulettes au marché de Kaolack, s'étendre sur la plage de Cap-Skirring, boire un jus de fleurs d'hibiscus sur la Corniche de Dakar, randonner dans les vertes collines du pays bassari. À vous de choisir!

    Pratique Des centaines d'adresses authentiques choisies par nos auteurs-voyageurs Culturel Les clés pour comprendre la destination À la carte Des itinéraires sur mesure et des sélections thématiques pour personnaliser votre séjour ... avec GEOGUIDE - 4 circuits incontournables au pays de la teranga, l'hospitalité!
    - Un patrimoine naturel d'exception : parc national du Djoudj, île de Karabane, réserve de Fathala, lac Rose.
    - Plein d'idées d'activités, du cours de djembé à l'ULM - Les bonnes adresses du tourisme solidaire.

  • Quelle que soit la pratique sociale ou l'institution considérée, il n'y a pas de formation sans une fantasmatique sous-jacente. Et de fait, lorsque l'on tente de caractériser le désir de former des êtres humains, il y est question d'amour, de plaisir et de souffrance, mais aussi de haine, de violence et de culpabilité.
    Les travaux présentés ici ont en commun le souci de reconnaître à l'oeuvre - dans le projet et l'activité de former, de se former et d'être formé - la dimension du fantasme : le désir de formation s'inscrit dans les prototypes infantiles des relations, là où se jouent les questions et les réponses de l'origine (celle du sujet et celle de l'espèce).
    Mais ce désir s'inscrit aussi dans le corps social et dans la culture : institutions et mythes de la formation gèrent l'économie du désir, ils en assurent la légitimité ou l'illégitimité... La question qui affleure alors est de savoir qui est bénéficiaire de cette gérance ? Le sujet singulier ou le sujet social ? Et au prix de quels compromis ?

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