• Mes cathédrales Nouv.

    « Ces monuments familiers qui dominent la plupart des grandes villes de France recèlent des mystères profonds, des histoires immémoriales effacées des mémoires, des sagas fabuleuses dont les visiteurs n'ont pas idée. Les cathédrales et les abbatiales, sont connues de tous mais personne ne les connaît vraiment. Au fil des concerts, je les ai presque toutes explorées, avec l'aide des érudits locaux, toujours prévenants, toujours passionnants. Le rock mène à tout, même au savoir mystique. Ce tour de France de l'énigme, ce pèlerinage agnostique mais fascinant, cette promenade aux frontières de l'esprit, je vous propose de les faire avec moi.

    Comme moi, vous connaissez Chartres, Notre-Dame-de-Paris, Rouen, Strasbourg, Reims ou l'Abbaye du Mont-Saint-Michel. Mais comme moi avant cette pérégrination de musique et de mystique, vous n'en savez pas tout, loin de là. Je vous invite à me suivre là où la Raison devient hésitante, là où se trouve, au coeur du vieux pays, un pays inconnu, là où le rêve montre une réalité nouvelle, là où dorment au vu de tous, sans qu'on le sache, « les choses derrière les choses ». ».

    Depuis son enfance Laurent Voulzy est passionné par le Moyen Âge. Et depuis quelques années il sillonne la France pour se produire en concert avec un immense succès dans les cathédrales et les abbatiales. Pour l'aider dans l'écriture de ce livre il a entraîné dans ce tour de la France des lieux sacrés son ami Laurent Joffrin.

  • Une histoire horizontale de l'humanité Nouv.

    Comme l'a dit Groucho Marx, « il y a ce qu'on peut faire dans un lit et le reste. Le reste ne vaut pas cher ». Et il avait sans doute raison, car l'homme, depuis la nuit des temps, y a tout fait ou presque. Dans l'Égypte antique, le lit représentait un lien essentiel avec l'au-delà, tandis que les contemporains de Shakespeare y voyaient un lieu de sociabilité conviviale ; Louis XIV régna sur la France depuis sa chambre à coucher, Churchill gouverna depuis la sienne la Grande-Bretagne en guerre, et le couple formé par John Lennon et Yoko Ono y milita pour la paix dans le monde. La gamme des activités auxquelles les humains se sont livrés « à l'horizontale », qui va de la conception à la mort, est vaste et a beaucoup à nous apprendre !
    Aujourd'hui relégué au domaine de l'intime, du sexe et du sommeil, le lit n'en cache pas moins une fabuleuse histoire de l'humanité, faite de fantasmes et de fonctions surprenantes, que ce livre dévoile. Passionnant et insolite, il explore, de l'Antiquité à nos jours, la fonction pragmatique et symbolique d'un meuble où continue de se jouer le théâtre de la vie.

  • On les appelle spin doctors, ge´nies du faire croire, persuadeurs clandestins ou inge´nieurs des a^mes. Publicitaires, communicants, cinéastes ou propagandistes politiques, ces hommes ont en commun d'e^tre passe´s mai^tres dans l'art de la manipulation de masse.
    Ils bouleversent les re`gles du jeu politique, font et de´font des e´lections, fabriquent le consentement, défendent les intérêts d'industries polluantes, influencent a` leur insu le comportement de millions d'individus. Souvent me´connus, agissant pour la plupart dans l'ombre, ils conc¸oivent et de´ploient leurs techniques de persuasion en tirant profit des progre`s constants des sciences et des techniques.
    Spécialiste de l'histoire de la propagande contemporaine, David Colon propose une approche inédite de l'art de la persuasion : il réunit, pour la première fois dans un même livre, les portraits de vingt des plus grands maîtres de la manipulation des XXe et XXIe siècles. De Goebbels a` Walt Disney, de Lin Biao a` Mark Zuckerberg, Richard Thaler ou Steve Bannon, l'auteur nous raconte l'invention de la propagande de guerre, du lobbying, du nudge ou de la publicité microcible´e.

  • Ciel, indigo, azur, lapis-lazuli, océan, préférence, paix, blues.
    Des origines à nos jours, une histoire de la couleur bleue racontée par l'historien Michel Pastoureau.

  • La traversée : un périple à travers l'immense forêt congolaise, de Kigali au Rwanda à Kinshasa en République démocratique du Congo. Un invraisemblable voyage, en moto, en camion, en barge, malgré les trafiquants, la fièvre Ébola, les groupes armés. Une traversée dans une nature dantesque où les hommes et les femmes vivent coupés du monde. L'enjeu ? Vérifier les accusations des autorités françaises, répétées inlassablement depuis plus de vingt ans : un génocide se serait déroulé au coeur de la forêt équatoriale congolaise, des centaines de milliers d'hommes et de femmes auraient été massacrés dans l'indifférence. Au fil des étapes, émouvantes, savoureuses ou romanesques, les témoins parlent. La vérité émerge, et avec elle le rôle de la France au Rwanda puis au Congo. Un engrenage qui a conduit Paris à s'enfoncer toujours plus avant dans la compromission. Un reportage fascinant. Une odyssée au coeur de l'Afrique.

  • Primo Levi, survivant des camps de concentration, rappelle la force et la nécessité du témoignage face à la barbarie.
    L'auteur de Si c'est un homme raconte l'univers concentrationnaire, « la perte de la dignité humaine », mais évoque aussi l'après, les stigmates qui rongent : quel rapport à l'avenir, aux enfants, à la religion ? « Dire et redire », pour ne jamais oublier et élever le souvenir en arme politique.

  • Au nom du Japon Nouv.

    1945. Lorsque la Seconde Guerre mondiale s'achève, le jeune lieutenant Hir Onoda, formé aux techniques de guérilla, est aux Philippines. Avec trois autres hommes, il s'est retrouvé sur l'île de Lubang, isolé des troupes à l'issue des hostilités. Cachés en pleine jungle, prêts à se battre, ils ne savent pas que l'armistice est signé. Au fil du temps, les compagnons d'Hir Onoda disparaissent mais lui demeure, seul, incapable d'accepter l'idée inconcevable que les Japonais se soient rendus. Pendant vingt-neuf ans, il attend les ordres, garde sa position. Il mène son propre combat, au nom du Japon.
    Cet ouvrage est son histoire pour la première fois traduite en français. Une histoire d'honneur et d'engagement, de foi en l'âme supérieure d'une nation, une histoire de folie et de survie.

  • La mythologie

    Edith Hamilton

    L''ouvrage le plus clair et le plus complet sur la mythologie.

    Edith Hamilton est sans doute le seul auteur à avoir saisi toute l'importance que gardent, à notre époque, les mythes et les légendes, qui sont le fondement même de notre culture, et où nous puisons encore une si large inspiration.
    Remontant aux sources, c'est chez les poètes ? Homère, Hésode, Pindare, Ovide ? qu'elle retrouve la substance des grands thèmes mythologiques et nous les restitue, dans leur spontanéité, leur efficacité, sous forme de merveilleuses histoires : Orphée et Eurydice, Philémon et Baucis, Tantale et Niobé, les travaux d'Hercule, le défi d'Icare, la descente de Thésée aux Enfers De l'avis unanime, voici, sur la mythologie, l'ouvrage le plus clair et le plus complet. Avec trente illustrations et un index très détaillé.

  • Comment l'humanité, qui était au sommet du progrès technique, a-t-elle pu se laisser happer par la barbarie totalitaire et finir par y sombrer ? Telle est la question de Condition de l'homme moderne. Cette faillite est la conséquence de l'oubli par l'homme moderne d'un monde de valeurs partagées et discutées en commun avec autrui, dès lors qu'il n'a plus envisagé les choses qu'au travers du prisme de leur utilité pour son bonheur privé. Indifférent aux autres, l'homme moderne ne forme plus avec eux qu'une foule d'individus sans lien véritable et sans défense contre la voracité des dictateurs et des leaders providentiels. Seule une « revalorisation de l'action », nous dit Arendt, cette intervention consciente avec et en direction d'autrui, permettra à l'homme moderne d'échapper aux dangers qui pèsent toujours sur sa condition.
    Cette réédition est accompagnée de l'importante préface originale de Paul Ricoeur qui reste une des meilleures introductions à la pensée d'Arendt. Dans son avant-propos inédit, Laure Adler montre comment le texte d'Arendt fut et reste visionnaire dans l'éclairage qu'il jette sur les urgences d'aujourd'hui.

  • Le grand récit ; introduction à l'histoire de notre temps Nouv.

    L'histoire n'est pas une réalité brute, mais surtout, le récit que l'on en fait, à l'échelle individuelle comme à l'échelle des groupes et des sociétés, pour donner sens au temps, au temps vécu, au temps qui passe. Jadis, le sens était tout trouvé : il avait pour nom(s) Dieu, Salut, Providence ou, pour les plus savants, Théodicée. À l'orée du XXe siècle, la lecture religieuse n'est plus crédible, dans le contexte de déprise religieuse qui caractérise l'Occident - l'Europe au premier chef. La question du sens (« de la vie », « de l'histoire »...) en devient brûlante et douloureuse, comme en témoignent les oeuvres littéraires et philosophiques du premier XXe siècle, notamment après ce summum d'absurdité qu'aura constitué la mort de masse de la Grande Guerre. La littérature entra en crise, ainsi que la philosophie et la « pensée européenne » (Husserl). On ne peut guère comprendre le fascisme, le nazisme, le communisme, le national-traditionnalisme mais aussi le « libéralisme » et ses avatars sans prendre en compte cette dimension, essentielle, de donation et de dotation de sens - à l'existence collective comme aux existences individuelles -, sans oublier les tentatives de sauvetage catholique ni, toujours très utile, celles du complotisme.
    Au rebours de l'opposition abrupte entre discours et pratiques, ou de celle qui distingue histoire et métahistoire, il s'agit d'entrer de plain-pied dans l'histoire de notre temps en éclairant la façon dont nous habitons le temps en tentant de lui donner sens.

  • Le pouvoir des femmes Nouv.

    Le pouvoir des femmes

    Giulia Sissa

    «?Il était une fois des reines et des princesses.
    Elles gouvernaient des pays, commandaient des armées et se faisaient obéir. Leur vie était remplie de possibilités, de pouvoirs et de projets. Elles s'appelaient Artémise d'Halicarnasse, Antigone, Jocaste ou Aithra.
    Exceptionnelles et singulières, ces femmes appartiennent à un passé aristocratique ou vivent dans un ailleurs royal. Dans ces mondes possibles, elles sont elles-mêmes possibles. Il suffit d'imaginer. Et les Grecs ont su les imaginer.
    Les mêmes Grecs inventent la démocratie. Et voilà que les femmes de cette trempe, en état de diriger et de défendre l'État, deviennent tout simplement inconcevables. Voilà que l'homme est un animal politique, la femme un animal domestique. C'est ainsi. C'est la nature.
    À bien des égards, nous en sommes encore là aujourd'hui. Dans nos démocraties, les hommes peuvent et les femmes ne peuvent toujours pas. Un soupçon fondamental plane toujours. Ne seraient-elles pas, peut-être, incompétentes?? Ne sont-elles pas, sans doute, des incapables???» G. S.
    Pourquoi et comment, enfin, rendre les femmes prêtes à pouvoir diriger?!
    Un livre brillant, documenté et... ultracontemporain.

  • La cosmologie est aujourd'hui à la croisée des chemins. Le modèle du big bang, qui est censé décrire l'histoire de notre univers, s'est imposé à la communauté scientifique au milieu des années 1960. Depuis lors, il semble un horizon indépassable. Pourtant, ces dernières années, il a été confronté à des difficultés croissantes. Quelle est la source de l'expansion ? Comment expliquer la phase d'inflation ? Où est passée l'antimatière ? Pourquoi doit-on supposer l'existence de matière noire et d'énergie noire de nature inconnue ? Sans réponse à ces questions, le modèle du big bang reste fragile.
    Ce livre raconte comment s'est construite l'idée du big bang et décrit les modifications majeures qu'elle a subies pour rester en accord avec les observations du ciel. Il évoque autant les coups de génie qui ont procédé à son élaboration que ses limites souvent passées sous silence. À l'opposé du consensus habituellement exposé, cet ouvrage dévoile aussi combien sont vifs les débats entre cosmologistes sur la validité de ce modèle d'univers. Par cette approche critique, les auteurs soulignent que notre vision du cosmos pourrait bien être à l'aube d'une révolution majeure.

  • À l'affut de l'information de première main, se méfiant des apparences, familier des vices et des vertus des hommes, habité par le besoin de comprendre avant de raconter, l'historien porte nécessairement un regard original, souvent riche de points de vue inattendus sur notre vie de tous les jours, la nôtre mais aussi la sienne. Les 45 chroniques qu'Emmanuel de Waresquiel, l'un des plus grands historiens d'aujourd'hui, nous offre ici pour notre bonheur forment une stimulante promenade dans l'histoire comme dans l'actualité (qui n'est après tout que l'histoire en train de se faire). Les rapprochements parfois lumineux, ou au contraire la mise en évidence de phénomènes uniques dans l'histoire nous donnent sans cesse à réfléchir, à imaginer.
    Écrites d'une plume alerte et joyeuse et nourries d'une connaissance très sûre, elles enchanteront les très nombreux lecteurs de l'auteur et bien au-delà, tous ceux qui aspirent, en ces temps moroses, à s'échapper en imagination et à comprendre.

  • En juillet 2020, Emmanuel Macron commandait à Benjamin Stora un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, ainsi que sur les moyens de favoriser une réconciliation entre la France et l'Algérie. L'historien s'est attelé à la tâche non seulement à partir de l'immense historiographie existante, à laquelle il a lui-même grandement contribué, mais aussi en rencontrant des dizaines d'interlocuteurs de tous bords. Pour tenter de rendre compte de cet archipel de mémoires aujourd'hui communautarisées, il ne fallait en effet écarter aucune catégorie d'acteurs : des combattants indépendantistes aux « pieds-noirs », des soldats français aux « harkis », des juifs aux Européens « libéraux », communistes ou partisans de l'Algérie française...
    Cette enquête mémorielle est suivie d'un certain nombre de propositions audacieuses, qui touchent aussi bien à la symbolique qu'à l'accès aux archives historiques, afin de reconnaitre afin de mieux connaitre et reconnaitre ces « passions douloureuses ».

  • Longtemps, au mot de « communarde » on a préféré celui de « pétroleuse », qui pourtant est une fiction. Une flétrissure misogyne qui raconte d'abord la façon dont on a dévalué, disqualifié et réprimé les femmes engagées dans la Commune de Paris au printemps 1871. En pionnière, Édith Thomas s'est attachée en 1963 à faire sortir de l'ombre ces femmes mobilisées pour la révolution sociale. Chartiste, elle a fouillé des archives fragiles et lacunaires, et excavé des traces qui n'avaient jamais été regardées comme des objets légitimes. En débusquant ce stigmate qui charrie une foule de représentations sur la violence féminine, et euphémise l'épaisseur politique de leur lutte pour déplacer les frontières de l'émancipation, l'autrice n'a pas seulement élargi l'histoire de la Commune de Paris. Elle a aussi enrichi l'histoire des féminismes.
    Figure centrale de la Résistance intellectuelle sous Vichy, qui fit elle-même les frais d'une puissante invisibilisation, Édith Thomas restaure les femmes de 1871 dans une souveraineté proprement politique, aux antipodes de cette image d'hystériques du baril à quoi les ont longtemps reléguées les récits habituels ou virilistes de la Commune de Paris.

  • Ce livre est une étude comparative, narrative et exploratoire des crises et des changements sélectifs survenus au cours de nombreuses décennies dans sept nations modernes : la Finlande, le Japon, le Chili, l'Indonésie, l'Allemagne, l'Australie et les États-Unis. Les comparaisons historiques obligent, en effet, à poser des questions peu susceptibles de ressortir de l'étude d'un seul cas : pourquoi un certain type d'événement a-t-il produit un résultat singulier dans un pays et un très différent dans un autre ? L'étude s'organise en trois paires de chapitres, chacune portant sur un type différent de crise nationale. La première paire concerne des crises dans deux pays (la Finlande et le Japon), qui ont éclaté lors d'un bouleversement soudain provoqué par un choc extérieur au pays. La deuxième paire concerne également des crises qui ont éclaté soudainement, mais en raison d'explosions internes (le Chili et l'Indonésie). La dernière paire décrit des crises qui n'ont pas éclaté d'un coup, mais qui se sont plutôt déployées progressivement (en Allemagne et en Australie), notamment en raison de tensions déclenchées par la Seconde Guerre mondiale. L'objectif exploratoire de Jared Diamond est de déterminer une douzaine de facteurs, hypothèses ou variables, destinés à être testés ultérieurement par des études quantitatives. Chemin faisant, la question est posée de savoir si les nations ont besoin de crises pour entreprendre de grands changements ; et si les dirigeants produisent des effets décisifs sur l'histoire. Tout en respectant la volonté première de ne pas discuter d'une actualité trop proche qui, faute de distance et perspective, rendrait le propos rapidement obsolète, un Épilogue, propre à l'édition française, esquisse, en l'état des données, une réflexion sur la pandémie du Covid-19.

  • Retronews n.1 ; découvrir l'histoire par la presse Nouv.

    Avec RetroNews, découvrez l'histoire à travers, trois siècles d'archives de presse.

    Depuis plus de trois siècles, la presse « couvre » le bruit du monde, « enregistre » ce qui s'y passe. Au travers des grandes unes et des gros titres, mais aussi des petites annonces, de faits communs, de reportages, d'histoires, de photos, de dessins, RetroNews vous propose des incursions dans ces « moments » qui questionnent l'actualité.

  • «Il y a une figure qui apparaît et réapparaît tout au long de ce livre. Ses instincts sont fondamentalement cruels ; sa manière est intransigeante. Il propage l'hystérie, mais il est immunisé contre elle. Il est au-delà de la tentation, parce que, malgré sa rhétorique utopiste, la satisfaction est le cadet de ses soucis. Il est d'une séduction indicible, semant derrière lui des camarades amers comme Hansel ses miettes de pain, seul chemin pour rentrer chez soi à travers un fourré d'excuses qu'il ne fera jamais. C'est un moraliste et un rationaliste, mais il se présente lui-même comme un sociopathe ; il abandonne derrière lui des documents non pas édifiants mais paradoxaux. Quelle que soit la violence de la marque qu'il laissera sur l'histoire, il est condamné à l'obscurité, qu'il cultive comme un signe de profondeur. Johnny Rotten/John Lydon en est une version ; Guy Debord une autre. Saint-Just était un ancêtre, mais dans mon histoire, Richard Huelsenbeck en est le prototype.» Greil Marcus.

  • Empires entre Islam et Chrétienté recourt à l'approche innovante de l'« histoire connectée » pour traiter d'une série de questions concernant l'époque moderne dans l'océan Indien, la mer Méditerranée et l'océan Atlantique. La période allant de 1500 à 1800 fut l'une des plus intenses compétitions entre empires impliquant les Espagnols, les Portugais, les Ottomans, les Moghols, les Britanniques... Plutôt que d'appréhender ces entités impériales séparément, Sanjay Subrahmanyam exploite leurs archives de manière transversale pour révéler des connexions inattendues.
    D'après lui, ces empires ont fréquemment emprunté les uns aux autres et ont avancé dans leur construction en prenant en compte les conceptions impériales concurrentes.
    L'importance particulière que Sanjay Subrahmanyam accorde aux connexions est également de première importance pour comprendre dans quelle mesure une perception de l'histoire impériale s'est développée au cours de la période moderne.
    À cheval entre la politique, l'économie, l'histoire intellectuelle et la culture, Empires entre Islam et Chrétienté renouvelle notre vision de la construction des empires.

  • Pourquoi les Églises et les chrétiens ont-ils tant tardé à se mobiliser en faveur de l'abolition de l'esclavage ? Et comment a-t-on pu si longtemps s'accommoder de cette insoutenable contradiction associant une religion prônant l'amour de son prochain avec la réalité de pratiques esclavagistes attentatoires à la dignité humaine, parfois justifiées par des alibis religieux, voire génératrices de profits pour l'institution ecclésiastique ? À ce premier discours très critique en répond un second présentant l'histoire du christianisme comme celle d'une lente, nécessaire et logique maturation de l'idée abolitionniste, en quelque sorte contenue en germe dans son esprit.
    Aucune de ces explications univoques ne peut rendre compte d'une relation aussi complexe. Antique, médiéval, moderne ou contemporain, l'esclavage se recompose en effet en permanence, jouant un rôle plus ou moins important selon les époques, et touchant des populations différentes. Le christianisme, aussi, se recompose sans cesse. Et les débats se multiplient, s'enchevêtrent, se recombinent. Paul pense que le chrétien doit se faire esclave de Dieu pour se libérer du péché. Pendant des siècles on s'évertue à protéger de l'abjuration les chrétiens esclaves de non-coreligionnaires, tout en admettant qu'un chrétien puisse être esclave d'un frère en foi. La question concerne également l'Autre, musulman, Indien d'Amérique, Africain. Théologiens, institutions, simples chrétiens se questionnent, s'affrontent parfois. Aux fausses certitudes de certains répondent les doutes et l'engagement d'autres. Au XVe siècle, cela en est fini de l'esclavage des chrétiens par des chrétiens. Au siècle suivant, l'esclavage des Indiens est officiellement aboli dans l'Amérique espagnole, avant que ne se pose la question de celui des Africains.

  • La filière

    Philippe Sands

    Membre convaincu du parti nazi dès 1923, aveuglément soutenu par son épouse Charlotte, nazie tout aussi fervente, Otto von Wächter a rapidement intégré l'élite hitlérienne, devenant notamment, après l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale, gouverneur de Cracovie en Pologne, puis gouverneur du district de Galicie, dans l'ouest de l'Ukraine actuelle - deux territoires qui furent le théâtre de l'extermination des Juifs. En 1945, après la défaite du Reich, il parvient à fuir, se cache dans les Alpes autrichiennes avant de rejoindre Rome et le Vatican, qui abrite l'une des principales filières d'exfiltration des nazis vers l'Amérique du Sud. C'est là qu'il trouve la mort, en 1949, dans des circonstances pour le moins suspectes. Comment a-t-il pu se soustraire à la justice, de quelles complicités a-t-il bénéficié ? A-t-il été réduit au silence ?
    Intrigues politico-religieuses, espionnage, traque et vie cachée d'un criminel, décès énigmatique, dévotion filiale et passion amoureuse, secrets d'alcôve et trahisons : faisant la lumière sur le parcours incroyable d'un haut dignitaire nazi en fuite, l'enquête méticuleuse de Philippe Sands dresse un tableau saisissant de l'échiquier politique à la fin de la Seconde Guerre mondiale et à l'aube de la guerre froide.

  • Ces Confrontations avec l'histoire sont une suite de questions adres-sées à l'histoire, celle des historiens comme celle qui a incarné la marche du monde moderne : l'Histoire. Plus d'une fois, elle a été interpellée, critiquée, récusée par des auteurs qui ne sont pas des historiens de métier et que François Hartog nomme des outsiders. En Occident, le premier d'entre eux, Aristote, a donné l'avantage à la poésie. Ces grands outsiders ont, ici, pour nom Char, Camus, Sartre, Lévi-Strauss, Barthes, Foucault, Michon.Confrontations aussi avec des concepts majeurs que l'histoire n'a cessé au cours des siècles de convoquer et de remodeler (l'altérité, l'accélération, l'héritage et la dette, le simultané du non-simultané).Confrontationsenfin avec le présentisme : la place prise par la mémoire, les transformations du musée, la montée du patrimoine, l'actualité des ruines, en questionnant l'histoire, l'obligent à se repenser. Quel peut être le rôle de celle qui s'est voulue la régis-seuse du temps, quand Chronos semble plus que jamais échapper à toute prise ?

  • « Tenir comme moi si peu de place et vouloir faire le changement le plus considérable qui ait eu lieu encore dans l'ordre social », ainsi se perçoit Hubertine Auclert au moment où elle tente d'imposer le vote des femmes dans l'agenda politique de 1883. Fille de propriétaire terrien, militante à la volonté inflexible, Hubertine Auclert (1848-1914) avait, adolescente, envisagé de prendre le voile, mais les religieuses n'avaient pas voulu d'elle. Elle se tourne vers un autre sacerdoce, la cause des femmes. Il y avait fort à faire, comme elle le confie à son journal : exclues de la citoyenneté, privées de leurs droits civils, interdites de présence dans l'espace public, soumises à un moralisme étroit, les femmes de la fin du XIXe siècle sont en outre, pour les plus vulnérables d'entre elles, souvent exposées à la prostitution. Pourquoi les hommes changeraient-ils les règles d'un jeu qui leur est si favorable ? Le combat doit commencer par le vote, selon cette pionnière du féminisme, et non par l'égalité salariale qui en découlera. Engagée dans des recherches sur les féministes de la seconde moitié du XIXe siècle, Nicole Cadène a retrouvé, à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, le Journal longtemps disparu d'Hubertine Auclert. Elle nous en livre ici une édition critique qui présente son autrice, la situe dans le mouvement féministe et ravive la mémoire de celle qui fut la première et la plus éminente suffragiste française.

  • Nul ne se souvient aujourd'hui du sort des juifs en Algérie lors de la Seconde Guerre mondiale, des camps de concentration ouverts en l'absence de tout Allemand par Vichy et de leur maintien après un débarquement américain honteux. Le récit de cette période trouble nous dit beaucoup des identités de la France et de l'Algérie actuelles.
    « Voici le récit d'un épisode incroyable, trop souvent censuré, de l'histoire de France, de l'histoire de l'Algérie et de celle de la Seconde Guerre mondiale.

    C'est d'abord l'histoire des Juifs d'Algérie qui reçurent, en 1870, la citoyenneté française et qui subirent ensuite des discriminations plus intenses encore que partout ailleurs en France. C'est aussi l'histoire du premier débarquement de troupes anglo-américaines en terre de France pendant la Seconde Guerre mondiale. Un épisode qu'on ne commémore pas parce qu'il met en scène des vichystes proaméricains, des Américains pétainistes, des résistants maréchalistes, se battant les uns contre les autres.

    C'est enfin une histoire bien plus vaste, parce que les dirigeants français craignaient que permettre aux Juifs d'être français n'ouvre le même avenir à tous les Algériens. Cela concerne tous ceux qui réfléchissent aujourd'hui, où que ce soit dans le monde, à ce qu'est une citoyenneté, une nation, une identité. ».
    J. A.

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